L’autonomie intérieure

Newsletter du 14 janvier 2022

Pendant bien trop longtemps, j’ai cru qu’il fallait suivre les conseils prodigués par d’autres.

Pendant bien trop longtemps, je me suis pliée à des démarches présentées comme « ce qui est bien ».

Pendant bien trop longtemps, j’ai cru qu’il y avait « des gens qui savent », et qu’il fallait les suivre.

Pourquoi je faisais tout cela avec autant de détermination ?

La réponse est simple : je voulais « réussir ». 
A tout prix.
Être intégrée à la société.
Être acceptée par les autres.

Afin qu’on me foute la paix.
Afin qu’on me laisse vivre tranquille.

Je me laissais contrôler, ou plutôt je me contrôlais moi-même, pour éviter que l’on ne vienne me contrôler de force.
Tout pour éviter de faire face à cette prison extérieure.
Plus rassurant, finalement, d’en créer une à l’intérieure. 
Au moins, c’est moi qui décide comment elle fonctionne — en apparence.

Eh bien, l’avantage c’est que c’est aussi moi qui décide quand elle doit s’effondrer.
Depuis quelques années déjà, ses murs s’effritent, peu à peu.
Moi qui m’étais interdit de douter de mes choix « rationnels » (matérialistes), j’ai progressivement ouvert mon esprit à l’idée de « ne pas savoir », d’être en mouvement perpétuel, de ne pas me définir par un métier ou un statut social.

Ces derniers temps, deux mouvements se conjuguent en moi — et ce n’est pas toujours très confortable. 

D’un côté, la peur, quand ces murs s’effritent, qu’il n’y ait rien derrière, de me retrouver dans un vide abyssal et d’être engloutie par l’angoisse, la sensation de n’être rien.

De l’autre, une forte rancoeur issue de toute la frustration accumulée au fil des années, du fait de ne pas m’être suffisamment écoutée, d’avoir fait tant de choix en fonction de ce que l’extérieur jugeait « bien », et non en fonction de mon intuition profonde (qui, pourtant, me parlait et soufflait clairement ce qui me convenait).

La peur de perdre ce que j’ai construit, c’est l’ego qui craint de disparaître, si je me mets entièrement au service de mon âme, si j’ose avoir la foi et plonger dans l’inconnu.

Mais cette peur, à mesure que je l’observe, prend moins de place. Et je m’aperçois qu’il y a quelque chose de bien plus puissant qui se déploie en parallèle : l’appel de la vérité, cette justesse intérieure qui peut se manifester à chaque instant, si je me dédie à l’écouter et à lui faire confiance.

Et toi, es-tu prêt.e à déjouer les pièges de tes automatismes, et à t’autoriser à vivre vraiment ?

La première fois

Newsletter du 5 janvier 2022

C’est la première newsletter de l’année. Voici la première pensée qui m’a traversé l’esprit en pensant à t’écrire. Je ne t’ai pas vraiment souhaité les voeux que tout le monde souhaite, à Noël et au Nouvel An. C’est fou, ça ! Pourtant, j’ai longtemps été très attachée à ces dates. Surtout le Nouvel An, qui est symbolique d’un passage.

Bizarrement, cette année, je n’ai pas vraiment senti de différence quand minuit a sonné. Car si le 1er janvier donne parfois l’impression d’un renouveau, d’une page blanche, j’apprends de plus en plus que chaque instant peut être ainsi.

Et si je regardais les éléments de ma vie comme s’ils m’apparaissaient la première fois ?

Et si c’était à chaque fois la première fois que j’entendais la voix d’un être aimé ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je m’asseyais à ma table pour écrire ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je rencontrais mon chat ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je faisais l’amour ?
Et si c’était, chaque matin, la première fois que je respirais ?

Alors, peut-être, mon regard serait différent : plus frais, vierge de tout préjugé.

Débarrassée de mes habitudes mentales et émotionnelles, je pourrais m’autoriser à vivre pleinement chaque instant, pour ce qu’il est : un moment de vie, unique et impossible à saisir ni à répliquer.

Non, ma vie ne peut pas être standardisée, mise en boîte.

Je refuse de croire ce mensonge que nous sommes des machines, des êtres voués à obéir à des injonctions sociales qui s’immiscent jusque dans notre intimité, à nous dire ce qui est bien ou mal.

Injonctions que l’on finit par intégrer, comme des croyances qui nous bouffent de l’intérieur et nous pompent notre belle énergie de vie.

La vérité, c’est que tu n’es coupable de rien.
Ce que tu es, c’est parfait.

Tu n’as pas besoin de chercher à changer.

Tu as juste besoin de te déposer, d’enlever quelques armures.

Pour simplement t’autoriser à vivre.
Pour simplement faire confiance au mouvement de la vie, qui est inévitable.
Pour simplement te laisser aimer.

C’est tout ce que tu as à faire.

(Laisser) faire l’amour

Finalement, faire l’amour, c’est quoi ?
Faire.
L’amour.
Manifester un sentiment, donc. Lui donner corps, dans la matière.
Manifester ce que nous sommes, donc.
Car nous sommes l’amour, nous sommes faits d’amour.

Et si on disait plutôt : laisser faire l’amour ?
Puisque de toute façon, c’est l’amour qui agit, pas nous.
Nous ne sommes que des véhicules, des corps par lesquels l’amour circule.

Parfois, l’amour ne circule plus.
Parce que trop longtemps, nous avons fermé notre coeur.
Parce que nous avons eu peur de notre propre puissance, de la puissance de l’amour.

Alors on se dit que c’est l’autre qui ne va pas.
Ou bien que l’on est mal fichu, qu’on n’a pas de chance.
Et on essaie de faire.
On essaie.
On force les choses.
On fait, et on échoue, nécessairement.
Parce qu’on force trop.
Et puis parce que l’échec, c’est nécessaire.
Ça nous apprend des choses.

Ça nous apprend surtout, en fait, à lâcher.

Lâcher la croyance que c’est moi qui fait.
Lâcher le contrôle, la croyance que c’est moi qui ai le contrôle.
Lâcher la pression, l’idée qu’il y a un bien fait et un mal fait, une perfection et un raté.
Lâcher toute la tension que j’accumule quand j’essaie de bien faire, pour plaire et pour être aimée.

Je vais lui dire ça maintenant : mon chéri, est-ce que tu veux bien laisser faire l’amour avec moi ?

17/12/2021

Donner naissance

Newsletter du 17 décembre 2021

Il y a quatre ans jour pour jour, ma grand-mère s’éteignait. Je me souviens de la sensation confuse que j’avais eue à la nouvelle de sa mort : tristesse, apaisement, lumière. Au moment où elle abandonnait son corps, je pouvais sentir son soulagement, et la valeur de la vie, de ma vie, à cet instant. Il fallait à tout prix que je vive l’instant présent, que je sois connectée à l’essentiel.

Je ne t’ai pas écrit ce mercredi, comme si quelque chose couvait mais n’était pas encore prêt à sortir. En ce moment j’explore le lien entre la création et la maternité : en quoi mes oeuvres, mes écrits, mes projets, sont-ils en quelque sorte mes bébés ? A quel point est-ce que je laisse faire la vie, plutôt que de chercher à forcer les choses ?

La pleine lune arrive, c’est le moment de boucler la boucle, de dire merci et adieu aux choses qui nous encombrent, de terminer certains projets, de laisser éclore quelque chose de finalisé, peut-être. Puis-je faire pleinement confiance à ce que la Vie me propose ? Qu’est-ce que je vais laisser émerger pour le retour de la lumière, le 21 décembre ? Qu’est-ce qui, en moi, demande à s’exprimer ?

Nous avons un peu évoqué ce sujet de ce qui est visible, vulnérable, versus ce qui est caché, obscur, lors d’une conversation que j’ai eue ce matin avec Stéphanie Pasquet, sur sa radio Petit Poney. Je te dis quand elle sort, j’ai vraiment hâte, c’était un moment assez magique. On a parlé de mon livre, Tu me vois, et de la puissance qui se montre lorsqu’on ose exprimer sa vérité.

Et toi, as-tu fait le deuil de ce qui n’est plus essentiel dans ta vie ?
Y a-t-il de la place pour accueillir des choses nouvelles, plus authentiques, plus proches de qui tu es vraiment ?

À l’unisson

Tu n’as pas besoin que je m’occupe de toi
Tu as juste besoin d’être aimé et accepté tel que tu es.

Je ne suis pas ta mère, même si je t’offre au quotidien la tendresse infinie qu’une mère peut donner à son enfant. 
Je ne te couverai pas pour garantir ta survie, pour éviter que tu ne t’envoles.
Je ne chercherai pas à contrôler le moindre de tes gestes.

Je veux passer mon temps à cultiver mon être
Et le reste du temps à communier avec toi
Et à créer ensemble de la magie rieuse
Quand nos âmes s’unissent et complotent gaiement
Pour transformer le monde

Je ne suis pas là pour t’éduquer, mais pour grandir avec toi
Je ne suis pas là pour te juger, mais pour te dire ce qui me touche
Je ne suis pas là pour me vexer, mais pour exprimer mes ressentis avec honnêteté

Tout est juste, et j’ai peur
Tout cela cohabite
Et ça ne change rien
A mon amour pour toi

Sortir des schémas ancestraux
Embrasser une nouvelle vérité
Dire non, dire oui
Vraiment

Oser avancer sans méthode, sans carte, sans conseils extérieurs
Oser dire oui à l’aventure de la Vie
Fragiles, certes
Mais unis

17/12/2021

J’aurais dû me taire…

Newsletter du 8 décembre 2021

« J’aurais dû me taire »

Voilà ce qui me traverse régulièrement lorsque quelqu’un réagit négativement à quelque chose que j’ai dit.

Comme quelque chose qui regrette.
Comme de la honte.
Une envie de me cacher.

« J’ai été maladroite. »
« Je l’ai blessé.e. »
« C’est de ma faute, s’il souffre. »

Combien de fois ces phrases ont-elles tourné dans ma tête ?
Parce qu’on m’a fait croire que j’étais responsable de la souffrance de l’autre.
Parce qu’on m’a culpabilisé d’oser dire ce que tout le monde pense mais ne dit pas.
Parce qu’on m’a poussée à me censurer, encore et encore, afin d’être intégrée, acceptée, aimée.

Comme si être moi-même ne suffisait pas.

Oui, parce que le fait d’être « appréciée » n’a rien à voir avec moi.
Cela vient du fait que je rentre dans certains codes, d’une certaine culture, d’une certaine logique de ce qui est appréciable et de ce qui ne l’est pas.
Appréciable que j’aie une bonne qualité d’expression — parce que je l’ai appris.
Appréciable que je sois lettrée, cultivée, musicienne — parce que je l’ai appris.
Appréciable que je souries, que je dise « oui, ça va et toi », que je ne dérange pas trop en pointant du doigt la vérité parce qu’elle m’explose aux yeux.
Appréciable que je me taise.

Être aimée, c’est autre chose.
Je suis aimée quand je suis reconnue pour ce que je suis : un petit bout d’humanité, présent chez toi aussi.
Je suis aimée quand je suis vue dans ma fragilité, et pas dénigrée pour autant.
Je suis aimée quand tu t’aimes à travers moi, quand tu vois dans mon miroir ta sensibilité et ton coeur brisé.

Je suis aimée à chaque instant, en fait.
Par cette Vie qui m’a créée, et qui me traverse à chaque instant.
C’est la même vie qui est en toi, dans ton coeur qui bat, en ce moment où tu me lis.

Une seule Vie.
Une infinité d’expressions singulières de sa beauté, de son amour, de sa lumineuse vérité.

Lettre ouverte : Invitation à penser

« Je n’ai pas le temps d’aller vérifier les informations. » 

Voici ce que me disait, hier, quelqu’un avec qui j’échangeais sur la crise actuelle, et qui suit l’actualité via les médias de masse, par défaut, par facilité.

Depuis la révolution industrielle, et particulièrement depuis les années soixante, les avancées techniques et technologiques ont été un excellent prétexte pour pousser les individus à se concentrer avant tout sur des choses matérielles : plaisirs superficiels, manières de paraître et de montrer un certain statut, possessions en tous genres. Un véritable booster pour la consommation, et donc, apparemment, pour l’économie (étant donné que l’on mesure, et jusqu’à aujourd’hui, la santé de notre économie par un indicateur aussi limité que le Produit Intérieur Brut). 

Ce qui n’a pas été vu par la population, aveuglée par la joie d’avoir accès à tant de produits et services, c’est les effets « secondaires » de ce consumérisme poussé à l’extrême. Ce dernier a créé chez nous des habitudes, auxquelles nous nous sommes attachés, au point d’en faire un élément constitutif de notre culture. Nous avons peur, par exemple, de ne plus avoir de vie sociale et amicale, si nous n’allons plus au restaurant ou au cinéma. Nous sommes habitués aux commodités de la ville, si bien que beaucoup de personnes ne peuvent pas imaginer vivre une vie plus contraignante, en lien avec la nature et les saisons. 

Nous sommes habitués à ce que tout soit « facile », « pratique », et surtout « rapide ». Observez bien les publicités autour de vous : toutes les promesses se basent sur la rapidité du résultat obtenu. Pourquoi ? Parce qu’on joue sur la pensée de court terme, véhiculée essentiellement par la peur. Cette peur prend racine dans nos blessures de l’enfance, qui, encore vivaces aujourd’hui, contrôlent une grande partie de nos décisions.

On n’est jamais totalement victime, ni totalement responsable.

Des tonnes de facteurs contribuent à ce qu’on choisisse une certaine direction.

Les forces qui sont au « pouvoir » nous font croire que nous sommes impuissants, que nous devons nous soumettre aux lois qu’ils ont définies parce qu’elles arrangent leurs portefeuilles. 

Ces forces parviennent à convaincre une partie de la population qu’il faut se reposer sur elles, croire leurs discours sur ce qui est Bien et Mal, et se ranger « du bon côté ».

Elles appuient donc sur le bouton de la peur, et déclenchent en nous la carte de la lâcheté.

En cela, nous sommes en partie victimes de quelque chose d’extérieur.

Mais c’est là que notre réflexion doit continuer. Parce que c’est exactement ce qu’ils veulent que nous pensions : que le pouvoir est à l’extérieur, que ce sont eux qui déterminent notre liberté et notre bonheur, par les décisions arbitraires qu’ils prennent au petit matin.

En réalité, nous avons aussi une part de responsabilité, dans la manière dont nous avons accepté, jusqu’à maintenant, de vivre les yeux fermés, de fonctionner selon un modèle irrespectueux de l’humain et du vivant. Et nous avons encore le choix, aujourd’hui, de changer d’avis, de changer de mode de vie, de changer de travail, de changer de quotidien. Nous avons encore le choix de dire non, de refuser que notre cerveau soit accaparé par le harcèlement systématique des médias et des annonces gouvernementales. Nous avons encore le choix de travailler sur nous-mêmes, pour trouver plus d’autonomie, de souveraineté, de vérité, à l’intérieur de nous. Nous avons encore le choix de libérer nos vieilles peurs pour devenir moins manipulables, plus libres, plus épanouis, rayonnants de lumière pour celles et ceux qui nous entourent.

Parfois, on me dit que je suis idéaliste — à l’opposé, sans doute, du matérialiste. 

Il y a sans doute là un peu de vrai. Car je prends souvent mes décisions en fonction de l’âme, avant toute chose.

Mais se battre pour les droits humains, ce n’est pas être idéaliste.

Car les droits humains se manifestent très concrètement, dans des actes de solidarité, d’entraide et d’amour.

Car les droits humains ne sont pas des idées, ni des idéaux. Ils existent déjà, et se manifestent déjà, de manière souvent invisible.

Les institutions ne peuvent pas établir une vérité figée sur ce à quoi ces droits doivent ressembler.

C’est selon moi une imposture.

Je choisis de ne pas baser ma définition des droits humains sur des institutions qui sont corrompues depuis leur création — si ça ne vous dit rien, faites quelques recherches sur la Révolution française et les conditions de mise en place de la République (tant et tant romancée par nos chers livres d’histoire), cela vous éclairera peut-être.

Je choisis de ne pas compter sur les institutions pour m’autoriser (ou pas) à vivre librement et paisiblement.

Alors ceux qui préfèrent ne pas réfléchir pourront aisément me mettre dans une case, selon la tendance du moment, selon leur préférence : complotiste, anarchiste, souverainiste, et j’en passe… Cela m’importe peu. Je m’adresse ici à ceux qui osent encore se poser des questions, à ceux pour qui l’esprit critique a un intérêt.

Être vue

Newsletter du 1er décembre 2021

« Tu crois en Dieu, toi ? », demande ma mère, l’air surpris, incrédule.
– Ben oui.
– Depuis quand ?
– Depuis toujours. »

Il fallait apparemment que je mette ce mot dans mon livre, pour qu’elle puisse faire le lien entre ma démarche spirituelle qui se déroule activement depuis 2014, et une forme de foi. Après tout, si ce livre s’appelle Tu me vois, ce n’est pas pour rien. Il révèle beaucoup de choses, même à mes proches (ceux qui croient toujours qu’ils me connaissent de A à Z). Ironique, d’ailleurs, puisqu’à la première version des impressions, j’ai oublié de mettre mon nom sur la couverture. Peut-être parce que finalement, mon nom, c’est ce qui importe le moins dans mon identité véritable.

Ce livre parle de vulnérabilité, mais le fait de le publier est aussi une façon pour moi d’incarner ce dont je parle, en révélant des parties très intimes de mon histoire, à travers des poèmes, des nouvelles et des extraits de journal, issus des années 2019-2020, qui ont été parmi les années les plus éprouvantes et les plus transformantes de ma vie. Bon, en écrivant ça je me dis que 2021 était pas mal non plus dans le genre, et qu’il y aura sans doute une « suite » un jour, ou du moins d’autres écrits pour transmettre les nouveaux apprentissages.

Alors qu’est-ce que c’est, être vulnérable ? Dire ce que l’on ressent, même quand on en a honte, même quand on préfèrerait ressentir autre chose, ou ne rien ressentir.

Être vulnérable est difficile et inconfortable, parce que l’éducation et la société nous ont conditionné à penser que les émotions, c’est quelque chose de handicapant, de peu évolué, de trop animal, de trop… féminin. En tant que femme, et en tant que féministe, j’ai finalement été, pendant des années, en guerre avec le féminin en moi : tout ce qui s’apparente à de la douceur, de la fragilité, de la délicatesse, avait été tellement dévalorisé par mon entourage, que j’avais pris l’habitude de présenter au monde une façade solide et responsable (tout ce qu’on peut attendre d’un homme). Pourquoi ? Parce que je n’aimais pas être rabaissée. Parce que je n’aimais pas sentir toute cette haine du féminin tournée vers moi, parce que je n’aimais pas ce sexisme que l’on subit lorsqu’on est associée aux clichés sur le féminin.

Et puis, il y a eu la première claque, il y a trois ans : me rendre compte à travers une relation, que ce que l’autre appréciait le plus chez moi, c’était cette apparente fragilité, qui en réalité suppose un courage immense, un lâcher-prise, une confiance en la vie. Il y a eu d’autres claques, des dizaines et des dizaines, notamment lorsque j’ai décidé de quitter Paris pour aller vivre en Ariège, sans filet… Et puis, l’une des dernières en date, lors d’un stage de forum Zegg il y a quelques mois : après être passée au centre du cercle pour m’exprimer authentiquement face à un groupe de 25 personnes, recevoir ces mots sur ce que je dégage : « la puissance de la douceur ». Entendre ces mots, et fondre d’amour et de joie, mesurant le chemin parcouru entre moi et moi-même, pour arriver à voir cette description comme juste, belle et flatteuse.

Honorons notre fragilité, honorons notre douceur, car ce sont aussi elles qui font notre humanité, car ce sont aussi elles qui nous renforcent, au fond.

Retrouve le Replay du Live Instagram sur mon compte @poesie_vivante et sur YouTube ici : pour fêter la sortie du livre et parler de vulnérabilité en détails.

Le livre est disponible à l’achat dès maintenant !

Qui je suis vraiment

Newsletter du 24 novembre 2021

Ces deux semaines à Paris ont été très intéressantes. Reprendre contact avec le lieu où j’ai grandi a toujours une saveur aigre-douce. Commençons par la douceur, si tu veux bien. Parce que j’en ai besoin, et parce que nous en avons tou.te.s besoin. La douceur, c’est d’arriver et d’avoir un espace, une chambre où dormir, des placards remplis pour ne pas faire trop de courses dès mon arrivée. La douceur, c’est aussi de passer quelques moments privilégiés avec des membres de ma famille proche, d’échanger à coeur ouvert, sur des sujets qui nous rassemblent, ou simplement de ressentir une complicité, une proximité, dans l’humour et la bienveillance. La douceur, c’est aussi de donner, en tant qu’assistante sur un weekend de thérapie de groupe, de ma présence et de mon écoute empathique. La douceur, c’est de retrouver mon amoureux et de nourrir cette relation si belle et enrichissante. 

Et puis, il y a ce qui pique, ce qui fait mal. Tous ces souvenirs qui ne me ressemblent plus vraiment. Toutes ces compromissions entre moi et moi-même, pendant des années, pour ressembler à un certain modèle de « réussite ». Tout ce que j’ai étouffé de mes élans créatifs, de mes désirs artistiques, pendant l’essentiel de mon enfance et de mon adolescence. Tout ce que j’ai fait pour être la « fille parfaite », pour rassurer ma mère et pour la rendre fière. Et fière, elle l’était, quand j’ai eu mon bac avec 17 de moyenne, quand j’ai eu mon diplôme de Grande Ecole… Mais moi, je ne voulais pas qu’elle soit fière. Je n’aimais pas l’entendre vanter ma réussite scolaire et sociale auprès des autres. Parce qu’au fond, je sentais que je m’étais trahie. Je lui avais offert cette fierté, et je m’étais retiré le droit d’être qui je suis. Comme un sacrifice, en fait. Et pour qui ? Pour ma mère, pour qu’elle se sente en sécurité, et surtout, pour qu’elle m’aime.

Le sujet du leadership, celui que j’ai tant creusé ces derniers mois, ce n’est pas moi, c’est elle. Il parle de tout ce que j’ai observé, dans mon expérience certes, mais surtout dans la sienne, parce qu’elle m’a raconté tant de choses, parce que je l’ai beaucoup écoutée, soutenue, questionnée, dans les moments difficiles de son évolution professionnelle. J’ai bien senti, ces dernières semaines, que ce sujet était une manière pour moi de rester en lien avec son univers, alors même que j’ai choisi un mode de vie (et un lieu) qui s’éloigne de plus en plus de ce qu’elle a construit.

J’ai été infiniment touchée en rencontrant cette part de moi qui, par tous les moyens, tente de prendre soin de ce lien mère-fille. J’ai enfin vu que cette part de moi avait la main, depuis des années, sur ma direction professionnelle et sur mes ambitions matérielles et financières (que j’avais définies idéalement comme assez élevées, tout en vivant, dans les faits, avec peu de moyens).

Après avoir observé cela, j’ai reçu quelques messages de mon âme : 

  • « Ce n’est pas à toi de définir la quantité de richesses matérielles que tu dois recevoir. »
  • « Ton rôle dans cette vie est d’être, de manière jouissive, naturelle, sans chercher à obtenir quelque chose de particulier. »
  • « Ce qui doit venir, viendra. Concentre-toi sur le fait de créer et de transmettre. »
  • « Tu ne manqueras jamais de rien. Les peurs que les autres projettent sur toi sont des illusions. »

Ces enseignements, ce n’est pas la première fois que je les entends. Mais je les ai rarement reçus de manière aussi forte, claire et limpide. C’est surtout, je pense, parce que j’étais prête à les entendre et à les appliquer pleinement. Avec encore plus de confiance. 

Je les connais déjà, je les pratique, en éternelle débutante. Et j’ai envie de t’en donner la saveur. J’ai filmé une masterclass qui résume 4 des principaux enseignements d’Une Vie Jouissive. C’est comme un avant-goût de ce qui arrive très prochainement… une formation pour révéler ta créativité de façon simple et fluide. Elle aura lieu en janvier-février et les inscriptions sont en ce moment !

Inscription à la masterclass ici (c’est gratuit).
Pour candidater au programme complet, prends rendez-vous ici.

C’est ta vie

Newsletter du 17 novembre 2021

Je ne t’ai pas écrit, parce que j’étais comme désorientée. Arrivée à Paris il y a une semaine. L’angoisse de devoir « tenir », dans cet environnement qui m’était pourtant familier il y a un an et demi, et qui m’est devenu hostile. Ces derniers temps, j’ai éprouvé le besoin de revenir à l’essentiel. Pendant ces deux dernières semaines, j’ai supprimé l’application Instagram. Je me suis rendue compte que je m’y perdais, avec la bonne excuse que c’était « pour partager », alors que je n’avais plus vraiment l’élan, au fond.

Avoir l’élan. Faire et créer à partir de quelque chose de profond, d’une intuition, d’une inspiration naturelle. Voilà ce que j’apprends à faire, guidée par la vie, depuis 2017. Ça a commencé avec des poèmes, pluies de mots qui descendaient sur moi à des moments incongrus : dans les transports, en marchant sous la neige, en attendant quelqu’un. Des fulgurances. Depuis quelques années, j’essaie de traduire des enseignements de toutes ces expériences créatives, dans un essai, Une Vie Jouissive.

Et plus ça va, plus je prends conscience de la profondeur qui se cache derrière cette simple idée de libérer la créativité. Ce que je veux vraiment transmettre, au fond, c’est un message universel : si tu apprends à t’aimer et à faire confiance en la vie, tu vas naturellement être guidé.e dans la direction de ta mission, de ce que tu as à apporter… Mais ce n’est pas un chemin sans embûches. Parce que nous avons tant de choses qui semblent nous retenir d’être nous-mêmes. Tant de choses qui nous coupent de notre énergie de vie, de notre couleur unique, celle qui vibre vraiment avec nous.

Pourquoi Paris m’angoisse-t-il ? Parce qu’il me rappelle toutes les années où je me suis fatiguée à essayer d’être quelqu’un d’autre. Parce que ma chambre d’enfant m’étouffe, me ramenant à une version de moi qui se mentait à elle-même, qui rentrait dans le rang pour faire plaisir aux autres, pour les rassurer, et surtout pour qu’on lui foute la paix.

Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé, mais j’ai toujours en moi une petite voix qui me dit que ce serait peut-être plus « raisonnable » de vivre une vie « normale ». Ironique, alors même que notre société a basculé progressivement vers une normalité qui légalise et banalise la discrimination et le contrôle des populations. Alors cette petite voix à l’intérieur, parfois, me dégoûte. Parce que je sais qu’elle naît d’une peur qui n’est pas la mienne, parce que je sais qu’elle naît de l’influence de ceux et celles qui sont prisonniers de cette peur au quotidien. Je sais que cette petite voix, ce n’est pas moi.

L’un des plus grands enseignements d’Une Vie Jouissive, c’est d’accueillir le vide. Et c’est sûr que pour être soi-même, il faut parfois faire le deuil d’une certaine « harmonie » avec les autres, il faut parfois abandonner l’espoir d’être compris par tous ceux que l’on aime ou qui ont fait partie de notre vie. Cet espace est un cadeau, c’est à partir de lui que tout se crée naturellement.