Les gens ne changent pas parce qu’on le leur demande

Lettre i du 4 février 2022

Ces dernières semaines, il y a eu comme une pause.
Un blanc.
Un arrêt.
Une déconnexion.

Et en fait, c’était déjà un peu comme ça pour moi depuis la fin de l’été.
Des relations que j’ai mises sur pause, dans lesquelles j’ai cessé de m’investir.
Pas par manque d’amour pour l’autre, mais par nécessité.
D’arrêter de chercher à le sauver, à le convaincre, à l’embarquer avec moi dans mes idéaux.
De me donner de l’amour à moi, pour comprendre ce qui me pousse encore et encore dans cette direction, pour distinguer l’ego de l’âme.
Est-ce que je suis sincère lorsque je dis que je veux changer le monde « pour aider », alors que tout en moi tremble, et qu’en réalité je cherche surtout à créer une paix extérieure pour me rassurer ?

L’espace en moi qui veut vraiment être au service, n’a rien à faire, ne ressent aucun stress, aucune pression, aucune obligation.
L’espace pur de mon âme, qui voit le service comme une évidence, n’a rien besoin de prouver à personne, n’a pas besoin d’être rejoint, reconnu, reçu par des instances extérieures.

Après la déconnexion, une forme de retour progressif.
Tout en vigilance, car je ne veux pas être à nouveau piégée dans des relations qui m’éloignent de moi-même.

Et là, je reprends contact.
Et je constate que l’autre a changé.
Spontanément, livré à lui-même et à la vérité de son être.
Qu’au lieu d’avoir besoin de moi pour l’aider à changer, il n’avait peut-être besoin de rien du tout, ou au contraire, il avait peut-être besoin de mon absence, de mon silence, de ma neutralité.

Et je me rends compte que la relation ne m’a jamais éloignée de moi-même.

C’était ma façon de percevoir l’autre et la relation, ma façon de les juger, de vouloir les faire changer, de vouloir les améliorer, de vouloir les façonner à l’image de mon idéal… plutôt que de chercher à comprendre.

Voilà ce qui me coupait de moi-même, et de l’autre.

Je me rends compte, aussi, qu’infantiliser l’autre n’est jamais une bonne idée.
Confirmation de quelque chose que j’ai toujours ressenti.
Laisser à l’autre toute sa responsabilité, en cessant de le plaindre, en cessant de l’accompagner, en cessant d’espérer, c’est parfois lui faire le plus beau des cadeaux.
Livré à lui-même, il est bien obligé de se confronter à deux choses : sa peur, et sa puissance.

Alors que dans le statut d’enfant dans lequel je le mettais, il était confortable et stagnant, reposant sur mon conseil de « parent de remplacement », soudain mon absence se fait sentir, et il sent qu’il existe.

Dans l’inconfort de la solitude et du vide, quelque chose meurt, et autre chose peut naître.

De la mollesse d’un mollusque, il passe à la fermeté de l’arbre.

Soudain, sa présence se densifie : oui, il a le choix, oui, il peut faire, et il a seulement besoin, pour cela, de se faire confiance.

Entre les deux, il a quand même dû faire face à un passage, qui se représentera à de multiples reprises : la rencontre de sa peur la plus profonde.

Ce n’est que le début de son exploration.
Et je souris d’en être (un peu) le témoin.

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Tous ces groupes que j’ai quittés

Lettre i du 3 février 2022

Je les ai quittés parce que j’avais un idéal, qu’ils ont déçu.
Je les ai quittés parce qu’ils ne répondaient pas à mon exigence.

Peut-être n’avaient-ils jamais, au fond, répondu à ce que je recherchais.
Peut-être avais-je, moi aussi, été opportuniste.
Besoin de soutien, de ressources, besoin d’une famille, besoin de sortir de l’hostilité.

J’ai toujours eu une grande exigence.
Ma mère gardait espoir, en me voyant grandir dans ce qu’elle appelait parfois « une exigence si forte qu’elle peut devenir intransigeante ».
Elle disait qu’en prenant de l’âge, je « mettrais de l’eau dans mon vin ».

Ce n’est pas vraiment le projet.

Gagner en finesse et en nuance, oui, cela fait sens.
Abandonner mon exigence, jamais.

Car ce mot, un peu imprécis finalement, représente surtout une forme de fidélité envers moi-même.

Dire oui à ce que je ressens profondément, même si les autres ne semblent pas comprendre, ni souhaiter se plier à la même chose.
Dire oui, sans savoir si je serai seule jusqu’au bout du chemin.
Dire oui à ce que la vie me dit de l’intérieur, et donc nécessairement…

Dire non.
Dire non à ces dirigeants qui se compromettent parce qu’ils ont peur.
Dire non à ces organisations bien-pensantes qui n’incarnent pas les valeurs qu’elles affichent.
Dire non à un système qui nous emprisonne toujours plus le cerveau et le corps, nous empêchant de faire nos propres choix tant il s’est instillé dans nos psychés.

Aujourd’hui, je dis non à Meta, cette entreprise qui réunit à présent Facebook, Instagram, et quelques autres applications permettant aujourd’hui de « réseauter ». Je quitte la plateforme d’ici une semaine, j’ai fait un live à ce sujet.

J’aimerais aussi dire non à Microsoft et Google, parce qu’ils font partie du jeu, très largement.
Je fais les choses par étapes, parce que je ne voudrais pas disparaître trop brutalement.

Mais au bout du compte, mon intuition risque de me pousser plus loin encore.
Quitter Internet.
Abandonner les machines.
Smartphone.
Ordinateur.

Pour se recentrer sur l’essentiel : la vie.
Pas la vie des machines, non.
Pas la vie dépendante des machines.
Mais la vie elle-même, en harmonie avec les hommes et la nature.

Être dans le présent, plutôt que de toujours rêver d’un futur « un peu mieux ».
Vivre de peu, créer, avoir de l’espace pour apprendre et grandir.
Planter des graines en riant.
Et vivre.
Tout simplement.

Avec l’espérance que oui, le collectif est un possible.
Avec le choix d’y croire, et de construire, pas à pas, un monde qui me ressemble, qui nous ressemble, à nous les humains.

(Le lien du Live en cliquant ici)

Comment « lâcher prise »

Lettre i du 31 janvier 2022

Texte du 5 mai 2019.
Issu de mon journal d’effondrement.

Je vois autour de moi des personnes qui, après des années de pratique, n’ont toujours pas amélioré leur relation aux autres, semblent toujours torturés.

Ce n’est donc pas juste une question de pratique.

C’est peut-être aussi l’intention qui est derrière.
A quel point est-elle pure ?

On dit toujours qu’il faut lâcher prise, mais qu’est-ce que c’est, concrètement ? Car pour y accéder, il semblerait qu’il faille d’abord se couper de beaucoup de plaisirs et de désirs, se créer un cadre strict et contraignant, seul à pouvoir fournir la sécurité suffisante pour s’abandonner pleinement à la magie de la vie.

L’état de flow n’est donc, apparemment, pas si simple à trouver. C’est comme la « grâce », si elle vient « naturellement », elle ne se manifestera qu’à quelques occasions dans notre vie.

Parce que nous vivons si éloignés de nous-mêmes.

Pourquoi ? Nous n’avons jamais appris autre chose. Alors l’inconnu fait peur. Nous pensons que nous allons perdre le contrôle (parce que oui, nous croyons avoir du contrôle sur les choses).

Si j’apprenais, si j’osais confronter ce vide, cet inconnu, ce néant que je crois être derrière la question « qui suis-je ? »…

Alors peut-être, je serais sur la voie du lâcher prise, parce que j’aurais accepté de défier la rationalité pour poser une question sans réponse intelligible, pour demander quelque chose que mon mental considère comme absurde et insoluble, voué à l’échec, une perte de temps…

Alors, quand j’aurai accepté d’aller dans une direction qui défie les règles habituelles de ma logique, de mon éducation, je commencerai à ressentir et à vivre les choses différemment…

Alors, quand je me serai autorisée, en laissant de côté mes jugements envers moi-même, à plonger dans l’inconnu de mon intérieur, sans savoir si cela va marcher, sans aucune certitude, avec la conscience que je n’ai pas le contrôle et que mon pouvoir est minime…

Alors, seulement dans cette humilité-là, je pourrai m’ouvrir à une autre réalité, je pourrai me connecter à une autre vibration qui me portera et m’encouragera à continuer, me donnera confiance en elle pour m’accompagner dans ce lâcher-prise.

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Faut-il agir pour changer le monde ?

Newsletter 28 janvier 2022

Nombre d’individus sont désespérés à l’idée de se rendre utiles, de contribuer pour changer le monde, de s’engager dans quelque chose qui a du sens.

Ils disent vouloir incarner certaines valeurs, mettre le « faire » au service de l’être.

Mais en réalité, ils sont désespérés à l’idée d’exister.

Ils ont peur.
Peur de ne servir à rien.
Peur d’être inutiles.
Peur de ne pas avoir de raison d’exister.

Et d’avoir honte.
Honte de leur existence-même.
Parce qu’elle n’est pas directement utile.
Ou parce que son impact n’est pas mesurable.

Ils se sont laissés piéger.
Piéger par cette illusion, cette vision déformée de la réalité, ce paradigme capitaliste et productiviste qui nous fait croire qu’un humain vaut moins qu’une machine.

Oui, parce qu’un humain se fatigue.
Oui, parce qu’un humain vit des émotions qui, parfois, l’affaiblissent.
Oui, parce qu’un humain est faible et fragile.

Je ne cesse de lire des phrases de grands inspirateurs du développement personnel, des coachs reconnus et très sûrs d’eux, qui disent : « il y a deux catégories de gens : ceux qui écoutent leurs émotions, et ceux qui réussissent. »

Être humain, c’est être faible.
La faiblesse n’est ni une honte, ni quelque chose qu’il faudrait éliminer.

C’est quelque chose qu’il y a à accepter, comme inhérent à notre nature, à notre condition humaine.

Tant que nous ne comprenons pas cette vérité essentielle, nous nous battrons contre des moulins pour prouver que nous existons. Nous forcerons les choses pour « faire le bien », nous mettrons en place des tonnes de stratégies que nous nous épuiserons à « appliquer » comme de petits soldats — pour ne pas dire les esclaves de notre propre tyrannie.

L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Derrière les « bonnes intentions » apparentes, que voulons-nous vraiment ?

Pourquoi nous précipitons-nous pour agir ?
Avons-nous si peur du vide ?
Avons-nous si peur de voir l’absurdité de l’existence, et l’inutilité de la plupart de nos actes ?

Avons-nous si peur de prendre conscience que nous ne sommes rien ?

C’est seulement au moment où l’individu accepte qu’il n’est rien, qu’il peut laisser la place au Tout.
C’est seulement lorsque la personne cesse de se mettre en travers du chemin, lorsqu’elle cesse de vouloir obtenir quelque chose, « réussir sa vie » ou « laisser une trace », qu’elle peut commencer à réaliser quelque chose de significatif.

Juste en existant.
Et en étant curieuse. Ouverte. Vulnérable.

Es-tu prêt.e à tout abandonner, à te laisser malaxer par la vie, plutôt que de chercher constamment à contrôler les choses ?

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Les choses changent

Newsletter du 26 janvier 2022

Depuis quelques jours, ma vie se transforme. En fait, cela fait des semaines, des mois, des années qu’elle se transforme. Et je te dois la vérité. Je n’en peux plus de me cacher derrière des choses qui ne me ressemblent pas. Je n’en peux plus de reproduire des modèles, de me soumettre à un fonctionnement qui ne m’appartient pas, dans lequel je ne peux être moi-même.

Qu’est-ce qu’un changement ? Ça peut être tout et n’importe quoi. Ça peut paraître impressionnant, spectaculaire, ça peut prendre des formes extérieures. Ces dernières années, j’en ai fait, des changements extérieurs.

Voyager. Revenir.

Quitter un amour, puis un deuxième, puis un troisième.

Quitter la grande ville.

Vivre dans la montagne, entourée d’arbres.

Mais dans tout ça, ce qui compte vraiment, je l’avais à peine effleuré.

Ce qui compte vraiment ?

La transformation intérieure qui m’amène à être moi-même, et à l’exprimer dans le monde.

Enfin.

Et ça ne va pas se faire en une seconde.

Mais le saut quantique a déjà été fait.

Parce qu’aujourd’hui je suis prête à dire non à tout ce à quoi j’ai dit oui en ayant mal au coeur.

Parce qu’aujourd’hui je choisis d’abandonner tout ce qui, bêtement, m’a retenue.

Parce qu’aujourd’hui je cesse de laisser la peur aux commandes.

J’ai cru que j’en avais abandonné, des peurs.

Mais vois-tu, c’est une nouvelle ère qui commence.

Celle de la vérité.

Celle qui n’épargne plus aucune compromission.

Celle où je me dédie à la liberté.

Celle où je me mets au service de l’âme.

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Équilibre amoureux

Newsletter du 17 janvier 2022

Comment être présente sans être étouffante ? 
Comment me consacrer à mon art sans me couper du monde ? 

Ne pas jouer la mère poule. 
Ne pas simuler l’indifférence. 
Ne pas fuir. 

Et faire quoi, donc ? 
Rien. 
Ecouter ce que l’instant propose. 

Me faire confiance, lui faire confiance. 
La seule règle qui tienne la route. 

Et dire les choses, quand je doute. 
Oser montrer mes fragilités, mes failles. 
Oser parler de la dépendance affective qui me retient encore d’être moi-même et détendue.

Je me rends compte que ces dernières années, j’ai appris à être seule, et à aimer ça : ce confort de n’avoir aucun jugement extérieur à gérer, de ne pas avoir à faire de compromis, cette « liberté » de faire ce que je veux quand je veux, sans m’adapter à quelqu’un d’autre et à son rythme. 

Mais cette autonomie apparente ne m’empêche pas de retomber dans certains mécanismes dès que je suis amoureuse.
Soudain, l’autre devient une raison de vivre supplémentaire, dont je remercie la grâce chaque jour.
Il révèle ma joie, mon amour, et en même temps me donne à chaque instant des occasions de me perdre et de m’oublier.

Alors, comment faire ?
Comment trouver cet équilibre, pour concilier autonomie et harmonie, présence à soi et communion avec l’autre ?

C’est un processus, qui demande avant tout d’observer, et de développer un regard aimant sur soi et sur l’autre.
C’est l’exploration de CRÉ-AIMER. Inscriptions ici.

L’autonomie intérieure

Newsletter du 14 janvier 2022

Pendant bien trop longtemps, j’ai cru qu’il fallait suivre les conseils prodigués par d’autres.

Pendant bien trop longtemps, je me suis pliée à des démarches présentées comme « ce qui est bien ».

Pendant bien trop longtemps, j’ai cru qu’il y avait « des gens qui savent », et qu’il fallait les suivre.

Pourquoi je faisais tout cela avec autant de détermination ?

La réponse est simple : je voulais « réussir ». 
A tout prix.
Être intégrée à la société.
Être acceptée par les autres.

Afin qu’on me foute la paix.
Afin qu’on me laisse vivre tranquille.

Je me laissais contrôler, ou plutôt je me contrôlais moi-même, pour éviter que l’on ne vienne me contrôler de force.
Tout pour éviter de faire face à cette prison extérieure.
Plus rassurant, finalement, d’en créer une à l’intérieure. 
Au moins, c’est moi qui décide comment elle fonctionne — en apparence.

Eh bien, l’avantage c’est que c’est aussi moi qui décide quand elle doit s’effondrer.
Depuis quelques années déjà, ses murs s’effritent, peu à peu.
Moi qui m’étais interdit de douter de mes choix « rationnels » (matérialistes), j’ai progressivement ouvert mon esprit à l’idée de « ne pas savoir », d’être en mouvement perpétuel, de ne pas me définir par un métier ou un statut social.

Ces derniers temps, deux mouvements se conjuguent en moi — et ce n’est pas toujours très confortable. 

D’un côté, la peur, quand ces murs s’effritent, qu’il n’y ait rien derrière, de me retrouver dans un vide abyssal et d’être engloutie par l’angoisse, la sensation de n’être rien.

De l’autre, une forte rancoeur issue de toute la frustration accumulée au fil des années, du fait de ne pas m’être suffisamment écoutée, d’avoir fait tant de choix en fonction de ce que l’extérieur jugeait « bien », et non en fonction de mon intuition profonde (qui, pourtant, me parlait et soufflait clairement ce qui me convenait).

La peur de perdre ce que j’ai construit, c’est l’ego qui craint de disparaître, si je me mets entièrement au service de mon âme, si j’ose avoir la foi et plonger dans l’inconnu.

Mais cette peur, à mesure que je l’observe, prend moins de place. Et je m’aperçois qu’il y a quelque chose de bien plus puissant qui se déploie en parallèle : l’appel de la vérité, cette justesse intérieure qui peut se manifester à chaque instant, si je me dédie à l’écouter et à lui faire confiance.

Et toi, es-tu prêt.e à déjouer les pièges de tes automatismes, et à t’autoriser à vivre vraiment ?

La première fois

Newsletter du 5 janvier 2022

C’est la première newsletter de l’année. Voici la première pensée qui m’a traversé l’esprit en pensant à t’écrire. Je ne t’ai pas vraiment souhaité les voeux que tout le monde souhaite, à Noël et au Nouvel An. C’est fou, ça ! Pourtant, j’ai longtemps été très attachée à ces dates. Surtout le Nouvel An, qui est symbolique d’un passage.

Bizarrement, cette année, je n’ai pas vraiment senti de différence quand minuit a sonné. Car si le 1er janvier donne parfois l’impression d’un renouveau, d’une page blanche, j’apprends de plus en plus que chaque instant peut être ainsi.

Et si je regardais les éléments de ma vie comme s’ils m’apparaissaient la première fois ?

Et si c’était à chaque fois la première fois que j’entendais la voix d’un être aimé ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je m’asseyais à ma table pour écrire ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je rencontrais mon chat ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je faisais l’amour ?
Et si c’était, chaque matin, la première fois que je respirais ?

Alors, peut-être, mon regard serait différent : plus frais, vierge de tout préjugé.

Débarrassée de mes habitudes mentales et émotionnelles, je pourrais m’autoriser à vivre pleinement chaque instant, pour ce qu’il est : un moment de vie, unique et impossible à saisir ni à répliquer.

Non, ma vie ne peut pas être standardisée, mise en boîte.

Je refuse de croire ce mensonge que nous sommes des machines, des êtres voués à obéir à des injonctions sociales qui s’immiscent jusque dans notre intimité, à nous dire ce qui est bien ou mal.

Injonctions que l’on finit par intégrer, comme des croyances qui nous bouffent de l’intérieur et nous pompent notre belle énergie de vie.

La vérité, c’est que tu n’es coupable de rien.
Ce que tu es, c’est parfait.

Tu n’as pas besoin de chercher à changer.

Tu as juste besoin de te déposer, d’enlever quelques armures.

Pour simplement t’autoriser à vivre.
Pour simplement faire confiance au mouvement de la vie, qui est inévitable.
Pour simplement te laisser aimer.

C’est tout ce que tu as à faire.

(Laisser) faire l’amour

Finalement, faire l’amour, c’est quoi ?
Faire.
L’amour.
Manifester un sentiment, donc. Lui donner corps, dans la matière.
Manifester ce que nous sommes, donc.
Car nous sommes l’amour, nous sommes faits d’amour.

Et si on disait plutôt : laisser faire l’amour ?
Puisque de toute façon, c’est l’amour qui agit, pas nous.
Nous ne sommes que des véhicules, des corps par lesquels l’amour circule.

Parfois, l’amour ne circule plus.
Parce que trop longtemps, nous avons fermé notre coeur.
Parce que nous avons eu peur de notre propre puissance, de la puissance de l’amour.

Alors on se dit que c’est l’autre qui ne va pas.
Ou bien que l’on est mal fichu, qu’on n’a pas de chance.
Et on essaie de faire.
On essaie.
On force les choses.
On fait, et on échoue, nécessairement.
Parce qu’on force trop.
Et puis parce que l’échec, c’est nécessaire.
Ça nous apprend des choses.

Ça nous apprend surtout, en fait, à lâcher.

Lâcher la croyance que c’est moi qui fait.
Lâcher le contrôle, la croyance que c’est moi qui ai le contrôle.
Lâcher la pression, l’idée qu’il y a un bien fait et un mal fait, une perfection et un raté.
Lâcher toute la tension que j’accumule quand j’essaie de bien faire, pour plaire et pour être aimée.

Je vais lui dire ça maintenant : mon chéri, est-ce que tu veux bien laisser faire l’amour avec moi ?

17/12/2021

Donner naissance

Newsletter du 17 décembre 2021

Il y a quatre ans jour pour jour, ma grand-mère s’éteignait. Je me souviens de la sensation confuse que j’avais eue à la nouvelle de sa mort : tristesse, apaisement, lumière. Au moment où elle abandonnait son corps, je pouvais sentir son soulagement, et la valeur de la vie, de ma vie, à cet instant. Il fallait à tout prix que je vive l’instant présent, que je sois connectée à l’essentiel.

Je ne t’ai pas écrit ce mercredi, comme si quelque chose couvait mais n’était pas encore prêt à sortir. En ce moment j’explore le lien entre la création et la maternité : en quoi mes oeuvres, mes écrits, mes projets, sont-ils en quelque sorte mes bébés ? A quel point est-ce que je laisse faire la vie, plutôt que de chercher à forcer les choses ?

La pleine lune arrive, c’est le moment de boucler la boucle, de dire merci et adieu aux choses qui nous encombrent, de terminer certains projets, de laisser éclore quelque chose de finalisé, peut-être. Puis-je faire pleinement confiance à ce que la Vie me propose ? Qu’est-ce que je vais laisser émerger pour le retour de la lumière, le 21 décembre ? Qu’est-ce qui, en moi, demande à s’exprimer ?

Nous avons un peu évoqué ce sujet de ce qui est visible, vulnérable, versus ce qui est caché, obscur, lors d’une conversation que j’ai eue ce matin avec Stéphanie Pasquet, sur sa radio Petit Poney. Je te dis quand elle sort, j’ai vraiment hâte, c’était un moment assez magique. On a parlé de mon livre, Tu me vois, et de la puissance qui se montre lorsqu’on ose exprimer sa vérité.

Et toi, as-tu fait le deuil de ce qui n’est plus essentiel dans ta vie ?
Y a-t-il de la place pour accueillir des choses nouvelles, plus authentiques, plus proches de qui tu es vraiment ?