Tous ces groupes que j’ai quittés

Lettre i du 3 février 2022

Je les ai quittés parce que j’avais un idéal, qu’ils ont déçu.
Je les ai quittés parce qu’ils ne répondaient pas à mon exigence.

Peut-être n’avaient-ils jamais, au fond, répondu à ce que je recherchais.
Peut-être avais-je, moi aussi, été opportuniste.
Besoin de soutien, de ressources, besoin d’une famille, besoin de sortir de l’hostilité.

J’ai toujours eu une grande exigence.
Ma mère gardait espoir, en me voyant grandir dans ce qu’elle appelait parfois « une exigence si forte qu’elle peut devenir intransigeante ».
Elle disait qu’en prenant de l’âge, je « mettrais de l’eau dans mon vin ».

Ce n’est pas vraiment le projet.

Gagner en finesse et en nuance, oui, cela fait sens.
Abandonner mon exigence, jamais.

Car ce mot, un peu imprécis finalement, représente surtout une forme de fidélité envers moi-même.

Dire oui à ce que je ressens profondément, même si les autres ne semblent pas comprendre, ni souhaiter se plier à la même chose.
Dire oui, sans savoir si je serai seule jusqu’au bout du chemin.
Dire oui à ce que la vie me dit de l’intérieur, et donc nécessairement…

Dire non.
Dire non à ces dirigeants qui se compromettent parce qu’ils ont peur.
Dire non à ces organisations bien-pensantes qui n’incarnent pas les valeurs qu’elles affichent.
Dire non à un système qui nous emprisonne toujours plus le cerveau et le corps, nous empêchant de faire nos propres choix tant il s’est instillé dans nos psychés.

Aujourd’hui, je dis non à Meta, cette entreprise qui réunit à présent Facebook, Instagram, et quelques autres applications permettant aujourd’hui de « réseauter ». Je quitte la plateforme d’ici une semaine, j’ai fait un live à ce sujet.

J’aimerais aussi dire non à Microsoft et Google, parce qu’ils font partie du jeu, très largement.
Je fais les choses par étapes, parce que je ne voudrais pas disparaître trop brutalement.

Mais au bout du compte, mon intuition risque de me pousser plus loin encore.
Quitter Internet.
Abandonner les machines.
Smartphone.
Ordinateur.

Pour se recentrer sur l’essentiel : la vie.
Pas la vie des machines, non.
Pas la vie dépendante des machines.
Mais la vie elle-même, en harmonie avec les hommes et la nature.

Être dans le présent, plutôt que de toujours rêver d’un futur « un peu mieux ».
Vivre de peu, créer, avoir de l’espace pour apprendre et grandir.
Planter des graines en riant.
Et vivre.
Tout simplement.

Avec l’espérance que oui, le collectif est un possible.
Avec le choix d’y croire, et de construire, pas à pas, un monde qui me ressemble, qui nous ressemble, à nous les humains.

(Le lien du Live en cliquant ici)

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