Faut-il agir pour changer le monde ?

Newsletter 28 janvier 2022

Nombre d’individus sont désespérés à l’idée de se rendre utiles, de contribuer pour changer le monde, de s’engager dans quelque chose qui a du sens.

Ils disent vouloir incarner certaines valeurs, mettre le « faire » au service de l’être.

Mais en réalité, ils sont désespérés à l’idée d’exister.

Ils ont peur.
Peur de ne servir à rien.
Peur d’être inutiles.
Peur de ne pas avoir de raison d’exister.

Et d’avoir honte.
Honte de leur existence-même.
Parce qu’elle n’est pas directement utile.
Ou parce que son impact n’est pas mesurable.

Ils se sont laissés piéger.
Piéger par cette illusion, cette vision déformée de la réalité, ce paradigme capitaliste et productiviste qui nous fait croire qu’un humain vaut moins qu’une machine.

Oui, parce qu’un humain se fatigue.
Oui, parce qu’un humain vit des émotions qui, parfois, l’affaiblissent.
Oui, parce qu’un humain est faible et fragile.

Je ne cesse de lire des phrases de grands inspirateurs du développement personnel, des coachs reconnus et très sûrs d’eux, qui disent : « il y a deux catégories de gens : ceux qui écoutent leurs émotions, et ceux qui réussissent. »

Être humain, c’est être faible.
La faiblesse n’est ni une honte, ni quelque chose qu’il faudrait éliminer.

C’est quelque chose qu’il y a à accepter, comme inhérent à notre nature, à notre condition humaine.

Tant que nous ne comprenons pas cette vérité essentielle, nous nous battrons contre des moulins pour prouver que nous existons. Nous forcerons les choses pour « faire le bien », nous mettrons en place des tonnes de stratégies que nous nous épuiserons à « appliquer » comme de petits soldats — pour ne pas dire les esclaves de notre propre tyrannie.

L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Derrière les « bonnes intentions » apparentes, que voulons-nous vraiment ?

Pourquoi nous précipitons-nous pour agir ?
Avons-nous si peur du vide ?
Avons-nous si peur de voir l’absurdité de l’existence, et l’inutilité de la plupart de nos actes ?

Avons-nous si peur de prendre conscience que nous ne sommes rien ?

C’est seulement au moment où l’individu accepte qu’il n’est rien, qu’il peut laisser la place au Tout.
C’est seulement lorsque la personne cesse de se mettre en travers du chemin, lorsqu’elle cesse de vouloir obtenir quelque chose, « réussir sa vie » ou « laisser une trace », qu’elle peut commencer à réaliser quelque chose de significatif.

Juste en existant.
Et en étant curieuse. Ouverte. Vulnérable.

Es-tu prêt.e à tout abandonner, à te laisser malaxer par la vie, plutôt que de chercher constamment à contrôler les choses ?

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