J’aurais dû me taire…

Newsletter du 8 décembre 2021

« J’aurais dû me taire »

Voilà ce qui me traverse régulièrement lorsque quelqu’un réagit négativement à quelque chose que j’ai dit.

Comme quelque chose qui regrette.
Comme de la honte.
Une envie de me cacher.

« J’ai été maladroite. »
« Je l’ai blessé.e. »
« C’est de ma faute, s’il souffre. »

Combien de fois ces phrases ont-elles tourné dans ma tête ?
Parce qu’on m’a fait croire que j’étais responsable de la souffrance de l’autre.
Parce qu’on m’a culpabilisé d’oser dire ce que tout le monde pense mais ne dit pas.
Parce qu’on m’a poussée à me censurer, encore et encore, afin d’être intégrée, acceptée, aimée.

Comme si être moi-même ne suffisait pas.

Oui, parce que le fait d’être « appréciée » n’a rien à voir avec moi.
Cela vient du fait que je rentre dans certains codes, d’une certaine culture, d’une certaine logique de ce qui est appréciable et de ce qui ne l’est pas.
Appréciable que j’aie une bonne qualité d’expression — parce que je l’ai appris.
Appréciable que je sois lettrée, cultivée, musicienne — parce que je l’ai appris.
Appréciable que je souries, que je dise « oui, ça va et toi », que je ne dérange pas trop en pointant du doigt la vérité parce qu’elle m’explose aux yeux.
Appréciable que je me taise.

Être aimée, c’est autre chose.
Je suis aimée quand je suis reconnue pour ce que je suis : un petit bout d’humanité, présent chez toi aussi.
Je suis aimée quand je suis vue dans ma fragilité, et pas dénigrée pour autant.
Je suis aimée quand tu t’aimes à travers moi, quand tu vois dans mon miroir ta sensibilité et ton coeur brisé.

Je suis aimée à chaque instant, en fait.
Par cette Vie qui m’a créée, et qui me traverse à chaque instant.
C’est la même vie qui est en toi, dans ton coeur qui bat, en ce moment où tu me lis.

Une seule Vie.
Une infinité d’expressions singulières de sa beauté, de son amour, de sa lumineuse vérité.

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