Être vue

Newsletter du 1er décembre 2021

« Tu crois en Dieu, toi ? », demande ma mère, l’air surpris, incrédule.
– Ben oui.
– Depuis quand ?
– Depuis toujours. »

Il fallait apparemment que je mette ce mot dans mon livre, pour qu’elle puisse faire le lien entre ma démarche spirituelle qui se déroule activement depuis 2014, et une forme de foi. Après tout, si ce livre s’appelle Tu me vois, ce n’est pas pour rien. Il révèle beaucoup de choses, même à mes proches (ceux qui croient toujours qu’ils me connaissent de A à Z). Ironique, d’ailleurs, puisqu’à la première version des impressions, j’ai oublié de mettre mon nom sur la couverture. Peut-être parce que finalement, mon nom, c’est ce qui importe le moins dans mon identité véritable.

Ce livre parle de vulnérabilité, mais le fait de le publier est aussi une façon pour moi d’incarner ce dont je parle, en révélant des parties très intimes de mon histoire, à travers des poèmes, des nouvelles et des extraits de journal, issus des années 2019-2020, qui ont été parmi les années les plus éprouvantes et les plus transformantes de ma vie. Bon, en écrivant ça je me dis que 2021 était pas mal non plus dans le genre, et qu’il y aura sans doute une « suite » un jour, ou du moins d’autres écrits pour transmettre les nouveaux apprentissages.

Alors qu’est-ce que c’est, être vulnérable ? Dire ce que l’on ressent, même quand on en a honte, même quand on préfèrerait ressentir autre chose, ou ne rien ressentir.

Être vulnérable est difficile et inconfortable, parce que l’éducation et la société nous ont conditionné à penser que les émotions, c’est quelque chose de handicapant, de peu évolué, de trop animal, de trop… féminin. En tant que femme, et en tant que féministe, j’ai finalement été, pendant des années, en guerre avec le féminin en moi : tout ce qui s’apparente à de la douceur, de la fragilité, de la délicatesse, avait été tellement dévalorisé par mon entourage, que j’avais pris l’habitude de présenter au monde une façade solide et responsable (tout ce qu’on peut attendre d’un homme). Pourquoi ? Parce que je n’aimais pas être rabaissée. Parce que je n’aimais pas sentir toute cette haine du féminin tournée vers moi, parce que je n’aimais pas ce sexisme que l’on subit lorsqu’on est associée aux clichés sur le féminin.

Et puis, il y a eu la première claque, il y a trois ans : me rendre compte à travers une relation, que ce que l’autre appréciait le plus chez moi, c’était cette apparente fragilité, qui en réalité suppose un courage immense, un lâcher-prise, une confiance en la vie. Il y a eu d’autres claques, des dizaines et des dizaines, notamment lorsque j’ai décidé de quitter Paris pour aller vivre en Ariège, sans filet… Et puis, l’une des dernières en date, lors d’un stage de forum Zegg il y a quelques mois : après être passée au centre du cercle pour m’exprimer authentiquement face à un groupe de 25 personnes, recevoir ces mots sur ce que je dégage : « la puissance de la douceur ». Entendre ces mots, et fondre d’amour et de joie, mesurant le chemin parcouru entre moi et moi-même, pour arriver à voir cette description comme juste, belle et flatteuse.

Honorons notre fragilité, honorons notre douceur, car ce sont aussi elles qui font notre humanité, car ce sont aussi elles qui nous renforcent, au fond.

Retrouve le Replay du Live Instagram sur mon compte @poesie_vivante et sur YouTube ici : pour fêter la sortie du livre et parler de vulnérabilité en détails.

Le livre est disponible à l’achat dès maintenant !

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