C’est ta vie

Newsletter du 17 novembre 2021

Je ne t’ai pas écrit, parce que j’étais comme désorientée. Arrivée à Paris il y a une semaine. L’angoisse de devoir « tenir », dans cet environnement qui m’était pourtant familier il y a un an et demi, et qui m’est devenu hostile. Ces derniers temps, j’ai éprouvé le besoin de revenir à l’essentiel. Pendant ces deux dernières semaines, j’ai supprimé l’application Instagram. Je me suis rendue compte que je m’y perdais, avec la bonne excuse que c’était « pour partager », alors que je n’avais plus vraiment l’élan, au fond.

Avoir l’élan. Faire et créer à partir de quelque chose de profond, d’une intuition, d’une inspiration naturelle. Voilà ce que j’apprends à faire, guidée par la vie, depuis 2017. Ça a commencé avec des poèmes, pluies de mots qui descendaient sur moi à des moments incongrus : dans les transports, en marchant sous la neige, en attendant quelqu’un. Des fulgurances. Depuis quelques années, j’essaie de traduire des enseignements de toutes ces expériences créatives, dans un essai, Une Vie Jouissive.

Et plus ça va, plus je prends conscience de la profondeur qui se cache derrière cette simple idée de libérer la créativité. Ce que je veux vraiment transmettre, au fond, c’est un message universel : si tu apprends à t’aimer et à faire confiance en la vie, tu vas naturellement être guidé.e dans la direction de ta mission, de ce que tu as à apporter… Mais ce n’est pas un chemin sans embûches. Parce que nous avons tant de choses qui semblent nous retenir d’être nous-mêmes. Tant de choses qui nous coupent de notre énergie de vie, de notre couleur unique, celle qui vibre vraiment avec nous.

Pourquoi Paris m’angoisse-t-il ? Parce qu’il me rappelle toutes les années où je me suis fatiguée à essayer d’être quelqu’un d’autre. Parce que ma chambre d’enfant m’étouffe, me ramenant à une version de moi qui se mentait à elle-même, qui rentrait dans le rang pour faire plaisir aux autres, pour les rassurer, et surtout pour qu’on lui foute la paix.

Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé, mais j’ai toujours en moi une petite voix qui me dit que ce serait peut-être plus « raisonnable » de vivre une vie « normale ». Ironique, alors même que notre société a basculé progressivement vers une normalité qui légalise et banalise la discrimination et le contrôle des populations. Alors cette petite voix à l’intérieur, parfois, me dégoûte. Parce que je sais qu’elle naît d’une peur qui n’est pas la mienne, parce que je sais qu’elle naît de l’influence de ceux et celles qui sont prisonniers de cette peur au quotidien. Je sais que cette petite voix, ce n’est pas moi.

L’un des plus grands enseignements d’Une Vie Jouissive, c’est d’accueillir le vide. Et c’est sûr que pour être soi-même, il faut parfois faire le deuil d’une certaine « harmonie » avec les autres, il faut parfois abandonner l’espoir d’être compris par tous ceux que l’on aime ou qui ont fait partie de notre vie. Cet espace est un cadeau, c’est à partir de lui que tout se crée naturellement.

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