La violence sur soi

Newsletter du 6 octobre 2021

Tu sais, j’en ai eu, des épisodes où je ne m’écoutais pas, où je me mentais à moi-même, où je me complaisais dans une forme de déni. Et aujourd’hui encore, il y a des zones d’ombres à l’intérieur de moi que je refuse de reconnaître, de voir et d’assumer.

Mais à chaque fois que j’en prends conscience, je vois que ce qui me fait le plus souffrir, c’est de me croire coupable. Coupable de quoi, me diras-tu ? Eh bien, de ne pas avoir eu le courage d’être moi. Comme si mon idéal avait créé une nouvelle dictature, celle de la vérité à tout prix. Comme si cette dictature était devenu ma prison intérieure, à laquelle je rajoute chaque jour des barreaux.

Tu sais, dans cette vie, chacun.e fait de son mieux. Bien-sûr, c’est attristant parfois de constater que, même avec la meilleure volonté du monde, je n’y arrive pas. Je n’y arrive pas dans mon couple, dans ma carrière, dans mes relations familiales, dans mes études… quel que soit le domaine, il y a toujours des endroits et des moments où… je me sens démunie, impuissante, comme si je subissais l’échec.

C’est fou, ça, alors que je pense avoir développé tant d’empathie envers les autres, alors que la plupart des gens me perçoivent comme quelqu’un de doux et de compréhensif… pourquoi ne puis-je pas m’offrir cette douceur à moi-même ?

Parfois être doux envers soi, c’est aussi exprimer ses limites, et dire non à l’autre, avec fermeté. Avec la confiance que ce « non » n’est pas un « non » définitif à la relation. Avec la confiance que le fait de me respecter en mettant une protection pendant un temps, ne veut pas dire me fermer à tout jamais. Au contraire, cela me permettra de me réouvrir d’autant mieux, plus tard.

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