Faire ce qui est juste

Newsletter du 23 septembre 2021

Dire la vérité est inconfortable.

Faire ce qui est juste n’est pas facile, et rarement pratique.

Il y a deux jours, en revenant de ma marche en forêt, j’entends un miaulement très fort, qui a des accents de désespoir. Ça semble venir de l’intérieur d’une vieille bâtisse. En me rapprochant, j’aperçois un petit chat enfermé à l’étage. Il est à la fenêtre, dont il a déchiré les rideaux à force de vouloir s’échapper.

Je le reconnais : c’est Tuna, le petit chat que j’avais baptisé ainsi parce que je lui avais donné un peu de thon, et qui venait me voir tous les jours. Depuis plusieurs semaines, il avait disparu. Je m’étais dit qu’il faisait simplement des explorations, qu’il apprenait à chasser, etc. Ou qu’il avait trouvé une nouvelle famille. 

Mon coeur s’est serré. 

Mais mon esprit s’est concentré sur l’essentiel. Faire ce qui est juste.

Aller chercher du soutien auprès des voisins, puis demander à la mairesse de contacter la propriétaire de la vieille maison.

Envoyer de l’amour à Tuna, par la pensée, lui dire qu’il n’y a plus qu’un jour à tenir avant qu’on puisse le libérer.

Par moments, je m’inquiète, je me dis qu’on aurait bien pu casser un carreau pour le faire sortir plus vite.

Oui, mais quels conflits, quelles incompréhensions cela pourrait occasionner ? Retour des pieds sur terre. Je me rappelle d’à quel point les humains sont conditionnés, avec leur vision de la propriété, avec leur peur de l’autre, au point qu’ils oublient l’importance de préserver la vie.

D’ailleurs, un des voisins à qui j’ai demandé de l’aide, m’a demandé : « Vous habitez seule dans cette maison ? »

J’acquiesce. On me la pose souvent, cette question. 

« Et vous n’avez pas peur ? » ajouta-t-il, avec un regard inquiet.

« Peur de quoi ? » répondis-je.

« Peur des animaux… Il y a des bêtes dans le coin… on a vu un renard l’autre fois. »

Et sa femme de dire : « Non, elle devrait plutôt avoir peur des gens ! » 

« On dirait que vous avez chacun votre idée sur la question ! » répondis-je d’un ton amusé.

La vérité, c’est que je n’ai plus peur de vivre seule. Je n’ai plus peur de vivre seule au milieu de nulle part. Si la mort doit me prendre dans ces conditions, ainsi soit-il. Je n’ai plus peur des araignées, non plus. Plein de peurs « extérieures » ont disparu. Mais les peurs intérieures sont toujours là. Elles oeuvrent simplement de manière plus discrète. 

Alors je m’entraîne à faire ce qui est juste, à écouter mon intuition, non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur. Mon amoureux a cette phrase (qu’il tient de son maître spirituel) qui m’inspire beaucoup : « Qu’est-ce que je peux faire de plus aimant ? ». Si je peux répondre à cette question, pour être au service de la Vie en moi et autour de moi, alors je peux être confiante et sereine.

Allez, au travail !

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