Transformations

Newsletter du 15 septembre 2021

En ce moment, je questionne beaucoup — tu l’auras remarqué dans mes textes et mes vidéos — la thématique du pouvoir. Ce n’est pas pour rien. Ayant une tendance naturelle à prendre l’initiative, je me suis souvent retrouvée dans le rôle à la fois grisant et inconfortable du leader.

Grisant, parce que cela permet de réaliser des idées de manière concrète. Inconfortable, parce que ça met beaucoup de responsabilités sur le dos, et parfois une certaine pression.

Les autres s’attendent à ce qu’on fasse les choses parfaitement, de manière exemplaire, parce qu’on porte le projet. Souvent, on veut faire la personne forte, qui « gère », mais en réalité on a besoin de soutien. Je m’en rends compte tous les jours, quand je parle à des leaders (qui parfois s’ignorent).

Hier, c’était un ami qui est référent d’un projet de rénovation – celui du café de mon village. Les autres personnes (bénévoles) qui s’étaient engagées dans les travaux, ont progressivement cessé de venir aux permanences, et il s’est retrouvé avec très peu d’aide. En revanche, les petites remarques des villageois sur le fait que les travaux n’avancent pas, elles, continuaient. Il était en colère. Il s’attendait à davantage de soutien et de solidarité.

Le problème, et ce n’est pas seulement le cas du leader, c’est qu’on n’apprend pas à exprimer ce qu’on ressent, avec authenticité et vulnérabilité. Il y a cette habitude d’attendre quelque chose de l’autre, sans oser le demander clairement, parce qu’on a peur d’entendre un « non » et de se sentir, au final, encore plus seul. C’est ce que me partageait mon ami : « Je sens que si je demande, je vais avoir une réponse négative, et j’aurais toujours pas de soutien. » Ah, cette fameuse blessure du rejet…

Ce n’est pas parce qu’on a le courage de prendre en main un projet et des responsabilités, qu’on a le courage d’être vulnérable. C’est un autre type de courage, tout aussi puissant et transformateur.

Parce qu’au moment où je m’autorise à me montrer dans tout ce que je suis, avec mes forces et mes faiblesses, avec mon humanité, je peux toucher le coeur de l’autre et l’autoriser à se relier pleinement à moi. 

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