Lutter ?

Newsletter du 21 août 2021

Vingt-et-un. On est le vingt-et-un. Un nombre symbolique pour moi, depuis très longtemps. Je ne savais pas trop pourquoi. Je l’associais à quelque chose de puissant, de vrai, d’authentique. Dans le Tarot, le vingt-et-un, c’est « Le Monde » : en bref, le Tout, la Création. Rien que ça. Demain c’est la pleine lune. Intensité divine, opposition du Soleil et de la Lune dans deux configurations opposées. 

Se faire face. Regarder l’autre, vraiment, et se laisser regarder, vraiment. 

Pourquoi est-ce que pendant si longtemps, j’ai cherché à me cacher ? Je suis pourtant intimement persuadée que tout se sent, que nous sentons tout, à un niveau inconscient, même ce qui n’est pas dit. 

Pourquoi est-il si difficile de dire les choses, de mettre des mots sur nos peurs, nos difficultés, nos désirs ? Pourquoi cherche-t-on si souvent à tout résoudre par nous-mêmes, ou à rester dans le déni pour éviter de creuser nos profondeurs ?

Ces questions m’ont beaucoup travaillée depuis quelques semaines. En fait, depuis un mois tout pile. Le vingt-et-un juillet, un cerf glanait dans mon jardin, à quelques mètres de moi. A mes côtés, un être que j’aime et qui me voit, dans toute mon humanité. Pendant longtemps, j’ai cru qu’il n’était pas sécurisant d’être moi-même quand l’autre était là. Alors, je jouais le jeu des masques : endosser telle ou telle personnalité, comme dans une pièce de théâtre, pour m’adapter aux attentes des un.e.s et des autres, faire semblant, pour plaire, pour être aimée, et pour qu’on me fiche la paix.

« Tu viens de la paix. Oui, la paix, ça tu connais. Mais dans cette vie, tu vas devoir faire la guerre ». Voici les mots de mon ami astrologue il y a quelques mois de ça. Qu’est-ce que cela veut dire ? Encore aujourd’hui, je me pose la question. J’essaie de faire le lien, comme souvent, entre ce genre de propos et mon expérience directe. Quel genre de guerre suis-je en train de mener ? Une lutte pour apprivoiser mon ego, pour le polir, pour le soumettre à une volonté plus grande que moi. Une lutte pour dégager les barrières qui m’empêchent d’aimer pleinement, et surtout de me laisser aimer par l’autre. Une lutte pour que l’espace, enfin, se fasse en moi, pour que se libèrent les mémoires qui encombrent mon corps et mon coeur. Certain.e.s appellent ça un « travail », ou un « processus ». J’ai beau, depuis plusieurs années, défendre l’idée du non-effort, je dois admettre que ce processus nécessite discipline, courage et persévérance. Des qualités que je n’ai cessé de cultiver depuis mon enfance. Des qualités considérées comme « masculines », et qui arrivent en soutien pour la guérison.


Ces derniers temps, je t’ai beaucoup parlé de la puissance (voir mes dernières vidéos), parce que c’est un sujet que j’explore à titre personnel. C’est une qualité complexe, aux multiples facettes, et qui revêt tantôt les caractéristiques du yin, tantôt celles du yang. La puissance, contrairement au pouvoir institutionnalisé et statutaire, est souvent invisible pour les yeux et pour la société. En revanche, lorsque vous êtes face à quelqu’un qui est connecté.e à sa puissance, vous le ressentez, quelque part en vous : l’individu en question « dégage » quelque chose, une aura, un champ magnétique, qui vous intrigue, vous attire ou vous effraie (peut-être un peu des trois).

Je suis convaincue que c’est par ce biais que chacun.e, individuellement, peut contribuer de la manière la plus juste et authentique, aux besoins de ce monde. Trop souvent, nous pensons grand, nous rêvons de grandeur, alors même que nous n’avons pas touché à notre grandeur intérieure. Un pas après l’autre. Commençons par le commencement. 

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