En vérité

Newsletter du 28 juillet 2021

A l’heure où une crise de confiance envahit le système, nous sommes nombreux à prendre conscience que la liberté extérieure est de plus en plus limitée par les forces au « pouvoir » du pays. Alors, que faire ? Depuis quelques semaines, cette question m’a beaucoup travaillée. J’ai ressenti, au plus profond de mon être, un appel à changer, à choisir, à me positionner, individuellement mais aussi dans mon rapport au collectif (voir le dernier épisode du podcast Minute par Minute). 

Dans mes différents écrits, je parle souvent d’être vrai.e avec soi, de cesser de se mentir et de se trahir soi-même. Mais qu’est-ce que ça veut dire, vraiment ? Qu’est-ce qui fait que ces conflits intérieurs continuent de nous pomper de l’énergie, et de se répandre autour de nous ? Qu’est-ce qui nous rend si confus et nous fait agir lâchement ?

Il y a plusieurs éléments de réponse, et ceux-ci se trouvent, selon moi, à un niveau spirituel.

La racine principale de cette confusion, c’est le conflit entre notre personnalité (qu’on appelle souvent l’ego) et notre âme (ou notre coeur, pourrait-on dire). L’âme n’est pas en conflit, c’est plutôt l’ego qui résiste à la vérité, et qui met en place toute une série de stratégies pour justifier cette résistance. Ce qui motive notre ego à adopter ce comportement, c’est qu’il est prisonnier de la peur. En fait, plus précisément, il est dans le déni de la peur qu’il ressent, donc il a peur d’avoir peur, et cherche à détourner l’attention de cette peur qui semble insurmontable.

La bonne nouvelle, c’est qu’une fois qu’on a pris conscience de ce malentendu, on peut commencer à changer d’attitude, en se connectant plus souvent et intentionnellement à son âme (par exemple via la méditation, la créativité, le chant, la danse…), et en accueillant la peur plutôt que de chercher à s’en distraire.

La vérité, c’est que nous avons tous peur. C’est une des émotions fondamentales de tout être vivant, et de l’être humain. Cette émotion a quelque chose à dire, et elle a besoin d’être entendue. Quand elle ne l’est pas, elle peut devenir un instrument de manipulation et de destruction. Le rejet de la peur se transfère alors sur l’extérieur, se transforme en un rejet de l’autre, qui est identifié à un ennemi.

A titre personnel, même si je ressens de la colère et de l’incompréhension en cette période de rupture, j’ai aussi beaucoup d’espoir : je sens qu’un renouveau s’amorce, que ce moment peut être une opportunité extraordinaire de se réinventer et d’ouvrir une nouvelle page sur l’Histoire, aux niveaux individuel et collectif.

Ne nous laissons pas enfermer et séparer par notre peur de la peur : relions-nous, échangeons, rassemblons-nous, co-créons le monde qui veut se vivre dans nos coeurs. Il existe déjà, il a juste besoin de gagner en puissance, encore et encore. Laissons cette flamme brûler et se répandre, car malgré la souffrance, la vie se régénère toujours.

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