Le courage d’être soi

Newsletter du 21 juillet 2021

Voici presque deux ans que je me suis activement remise à écrire, et que j’ai commencé à partager mes textes par ici. Un engagement que j’ai tenu, chaque semaine. Au début, je m’appelais la « parisienne atypique », hommage, sans doute, à la situation dans laquelle je me retrouvais après mon retour de Colombie et mon burnout : celle d’une marginale, immergée dans un monde qui ne lui correspondait pas mais dont elle tentait, tant bien que mal, d’apprivoiser et de révéler la beauté.

J’ai longtemps cherché à être quelqu’un d’autre, à copier ceux et celles que j’admirais, à suivre une voie déjà toute tracée. Mais plus j’avance sur mon chemin, plus je découvre des choses complètement inattendues, que personne n’a vécu exactement comme moi. Plus j’avance, plus je prends conscience que je suis bel et bien seule sur ce chemin de conscience et d’incarnation. Plus j’avance, plus j’apprends à assumer qui je suis vraiment. Et comme on dirait que je change tout le temps, ce n’est pas toujours confortable que d’assumer les évolutions successives.

Notre société ne valorise pas le changement, qu’elle juge instable. Et l’instabilité, c’est aussi le manque de fiabilité… On ne peut pas faire confiance en quelqu’un qui change d’avis, par exemple. Pourtant, Lao Tseu nous dit : « Quand l’homme naît il est souple et faible ; à sa mort il est rigide et dur. Les plantes à leur naissance sont souples et fragiles. A leur mort, elles sont sèches et dures. Ce qui est dur et rigide va vers sa mort. Ce qui est souple et faible va vers la vie. » La traduction est sans doute moins subtile que l’original, mais j’en tire la leçon suivante : je préfèrerai toujours l’évolution à la stagnation, puisque pour l’instant je serai toujours en vie, sous une forme humaine ou autre. Je veux suivre ce mouvement qui est mon essence. 

Être soi ne veut pas dire être toujours égal, prévisible et ennuyeux ; selon moi, il s’agit d’embrasser tous les aspects de nous-mêmes, et d’oser les exprimer.

Et cela demande du courage. Pourquoi ? Parce qu’il est très probable que l’autre ne comprenne pas notre complexité dans son intégralité. Surtout s’il cherche à comprendre, à saisir, à analyser intellectuellement.

Cela demande du courage, aussi, parce qu’être soi entièrement, c’est assumer les décisions qui s’ensuivent : incarner pleinement ses valeurs, signifie parfois se retirer d’une activité professionnelle, d’une relation ou d’un groupe qui ne fait plus sens. Et faire confiance en l’intuition, qui nous guide toujours vers quelque chose de plus adéquat, où l’aide nécessaire arrive comme par magie.

Aujourd’hui, il est pour moi important de fonder mon travail sur cet engagement, c’est pourquoi je choisis de renommer cette Newsletter LE COURAGE D’ÊTRE SOI, mettant ainsi de côté son appellation première JOURNAL D’UNE PARISIENNE ATYPIQUE.

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