Guérir ou grandir

Newsletter du 30 juin 2021

Depuis que j’ai emménagé dans cette maison, j’ai découvert que deux chats de gouttière, un mâle et une femelle, avaient pris leurs habitudes dans le jardin. Hier, j’ai vu le mâle, qui n’était pas venu depuis quelques jours. Son poil était tout abîmé, et il avait un oeil gonflé. Comme s’il s’était violemment battu.

Les fameuses questions de territoire… 

Finalement, nous aussi, nous restons enchaînés à l’idée que le territoire appartient à quelqu’un.

Et nous nous battons. Nous nous faisons la guerre, entre pays, entre entreprises, entre familles… pour montrer que nous avons de la valeur.

Et nous nous blessons. Et nous avons peur de guérir. Parce que guérir, ça veut dire montrer sa vulnérabilité, repartir de zéro. Parce que guérir, ça veut dire admettre ses erreurs, et être prêt.e à apprendre, encore et encore, malgré les obstacles et les difficultés.

Tu sais, Aurélie, je crois que grandir, évoluer, ce n’est pas devenir meilleur que ce que je suis. Grandir, c’est mettre plus de conscience sur ce que je suis déjà. Il y a quelques semaines, alors que je discutais avec une amie, j’ai sorti une phrase du genre : « Si tu me mets sur une scène, je ne sais pas ce que je vais leur dire, à tous ces gens. » Il y a quelques jours, lors d’un trajet en voiture, elle m’a évoqué cette phrase que j’avais dite : « Comment peux-tu dire que tu n’as rien à apporter ? Tu es un puits de lumière et de conscience. Alors vas-y, lance-toi ! On a besoin de toi… »

Quelque chose a fait tilt à l’intérieur de moi : jusque-là, je me croyais un imposteur. Et je n’osais pas aller plus loin, vraiment plus loin dans ce que je proposais, dans ce que j’offrais au monde. Quand je me faisais coacher, je me retrouvais souvent face au syndrome de l’imposteur, parce que je n’arrivais pas à sentir ma valeur. Ce qui compte, ce ne sont pas les diplômes, les preuves extérieures, ni même les mots des autres (comme ceux de mon amie). Ce qui compte, c’est que ses mots aient vraiment résonné en moi. Là, j’ai compris que j’étais prête. Au moment où j’ai répondu « Je vais à mon rythme », j’ai senti que c’était une façon artificielle de me protéger. J’ai compris, très profondément, que je ne pourrais plus me cacher. Il est déjà trop tard. Le « bien » est déjà fait.

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