Entre tension et détente

Newsletter du 18 juin 2021

Je suis assise dans la véranda, et dehors il pleut. Il pleut des cordes. Plusieurs jours que l’atmosphère était lourde. Je le sentais en moi, aussi. Cette difficulté à accepter ma réalité, cette tendance à fuir… une intensité qui, pourtant, s’impose à moi. Les choix que j’ai fait ces derniers mois ne font que me ramener à qui je suis vraiment : une aventurière de la vie, une amoureuse de la vie, constamment poussée à bouleverser mes repères et à réconcilier les contraires. Oui, car vois-tu, j’aime les contrastes, et je veux arrêter de juger que quelque chose est « bien » ou « mal ». Je veux juste apprécier l’arc-en-ciel de couleurs que m’offre la vie, à travers l’expérience, les relations, les émotions, la création. 

Souvent, pour arriver à la détente, à la paix, il faut d’abord que je vive une phase d’inconfort. Longtemps je l’ai vue comme « le prix à payer », comme si c’était une corvée que de ressentir ce malaise, cette douleur. Je voyais encore les choses en noir et blanc. Nous, les humains, passons notre temps à fuir la douleur et à rechercher le plaisir. Jusqu’à ce que le plaisir n’ait plus de goût, parce qu’on s’est en fait complètement anesthésiés.

Il y a plein de manières de s’anesthésier. Le café, la cigarette, une relation dont on est dépendant, la nourriture… ou encore, la méditation à haute dose, les méthodes de relaxation dont on ne peut plus se passer pour fonctionner « normalement ». Il est peut-être là, le hic : que le fonctionnement considéré comme normal soit dénué d’émotions. Notre société a rendu l’émotion taboue, alors même qu’elle est au centre de notre expérience humaine et relationnelle. Emotion est synonyme, dans notre éducation, de fragilité, d’immaturité et d’irrationalité. La prendre en compte, l’écouter et l’exprimer, cela fait partie des choses qu’on fait passer en deuxième. Avant, il y a, pour nombre d’entre nous : la recherche de sécurité matérielle, et la quête d’attention et de reconnaissance pour combler un manque affectif. Et comment nous blâmer ? C’est le modèle qu’on nous a « vendu » comme étant le seul possible.

Alors, sans jeu de mots, on se retrouve seul.e avec nos questions. Le jour où le système, comme aujourd’hui, commence à s’effondrer sous le poids de sa propre absurdité… là, on fait comment ? Aujourd’hui, l’orage gronde, et fait tout exploser. Les certitudes, les habitudes, les croyances qui ne sont plus d’actualité… Les réponses toutes faites des « experts » perdent soudain leur sens. Alors, on peut choisir de plonger à l’intérieur, là où tout le mystère est contenu, intégralement. 

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