Il n’y a pas de mal

Newsletter du 28 avril 2021

Il y a des jours, comme ça, où je me demande quel est le sens de tout ce que je vis. Et de tout ce que je ne vis pas, aussi. Ce weekend, j’ai pris beaucoup de temps pour me reposer, et j’ai enfin redécouvert ce que c’était de s’ennuyer. Genre, vraiment. Et par moments, c’était jouissif. Et par moments, c’était angoissant.

Et encore, c’était le weekend. Quand je me repose pendant la semaine (ô sacrilège), j’ai parfois une voix qui me dit que je ne sers à rien, que je suis paresseuse, alors que les autres, ils bossent vraiment. Au fond de moi, je sais que ce n’est pas le fait de culpabiliser et de forcer les choses, qui me rendra légitime, ni heureuse, ni qui me fera « réussir ».

De toute façon, ça veut dire quoi, réussir ? Retour à la case départ. Je crois que c’était la première newsletter, en novembre 2019, qui posait cette question. Comme quoi, on avance par cycles. C’est ce que nous dit la Roue de la Fortune, dans le Tarot de Marseille : parfois il faut terminer une phase pour en entamer une autre, et parfois on a l’impression qu’on repasse par les mêmes étapes, les mêmes erreurs, les mêmes schémas. Et c’est peut-être un peu vrai. Mais ces choses qu’on vit à l’extérieur, on les vit différemment quand l’intérieur a changé. On peut agir, on peut choisir, avec une conscience différente. Dans tous les cas, pour terminer un cycle, il faut accepter de tourner la manivelle, et de se retrouver bousculé.e, voire nauséeux.se, parce qu’on change de position, un peu comme sur une montagne russe dans un parc d’attraction.

La vérité, c’est qu’il n’y a pas de mal à refaire les mêmes erreurs. Personne ne me punira, à part peut-être moi-même. Parce que je suis celle qui me juge le plus durement. Les autres, en fait, ils s’en fichent. Quand ils me jugent, c’est parce qu’ils projettent sur moi leur jugement d’eux-mêmes. Chacun est finalement son propre bourreau, dans cette histoire… Quelle bonne blague, quand même ! Tout ce que nous appelons des « erreurs », des « ratés », toutes ces choses dont nous avons honte, parce que la société nous a conditionné.e.s à croire qu’il y avait une seule « bonne réponse »… sont en fait des étapes. Si je prend du recul, et que je regarde le « tableau » de ma vie (the big picture, en anglais), tous les événements, heureux ou malheureux, ont un sens et m’ont amenée à découvrir un peu mieux qui je suis vraiment. Dans ce cas, y a-t-il vraiment des choses intrinsèquement « mauvaises » ? 

Attention, ça ne veut pas dire que ça n’ait aucun intérêt de chercher à vivre une belle vie harmonieuse, et à réduire la souffrance dans le monde… Mais je fais ma part avec la conscience que je suis une petite fourmi, et qu’il y aura toujours de la souffrance, et que celle-ci a peut-être un rôle à jouer, aussi, dans la découverte de mon humanité.

Et toi, tu en penses quoi ?

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