Transformation

Newsletter du 11 mars 2021

Depuis dimanche, je suis malade. Ou plutôt, j’expérimente un ralentissement, au niveau physique. Mon corps est fatigué, ma gorge enrouée, j’éternue, je remplis des mouchoirs. Comme la sensation que j’élimine, que je me purge. De quoi ? Je ne sais trop bien. Cela arrive pile au moment où je démarre le nouveau programme d’écriture consciente avec un petit groupe de femmes qui se reconnectent à leur créativité : Belle Plume. Et ça me force à me centrer, pour être présente pendant une heure chaque jour, pour guider la méditation et « recevoir » le sujet du jour que je proposerai pour le temps d’écriture.

Cela m’oblige aussi à faire le tri, à élaguer toutes ces choses que je faisais habituellement pour « remplir », pour me donner bonne conscience et me dire que « oui, je travaille dur, moi aussi ». Ces choses n’étaient pas forcément utiles. Elles étaient plutôt des manières de me distraire. Le fait d’être limitée physiquement me pousse à me concentrer sur l’essentiel : qu’est-ce qui est vraiment important ? Qu’est-ce que je ne peux pas passer à la trappe, dans cette journée ? Qu’est-ce que je fais, malgré ma fatigue ? Les réponses sont claires : écrire, boire de la tisane, lire au soleil, faire de la musique. Des choses simples. Être présente là où je suis engagée. Annuler ce qui n’est pas urgent ni important. Reporter tout ce qui peut attendre. Et savourer l’instant, offert par cette faiblesse que mon corps m’impose. Oui, depuis un an, la pause s’impose pour nombre d’entre nous, dans ce monde chaotique, dans cette société qui semble flancher quand la réalité la rattrape. Notre monde a-t-il vraiment accepté de ralentir ? Ou court-il encore après des illusions, pour se rassurer que « tout est sous contrôle » ?

C’est assez drôle de constater que mon burnout m’est tombé dessus il y a tout juste deux ans. Peut-être que je revis le même cycle (bon, c’est un peu moins violent, quand même). En tout cas, une des choses que j’ai apprises grâce à ces trois mois à alterner le lit, l’encre sur le papier, et les chansons qui résonnaient dans ma tête… c’est que je ne contrôle pas grand chose. Au mieux, je peux être à l’écoute de ce qui vibre déjà en moi. Et voir comment je peux lui faire de la place, avec curiosité, pour voir comment ça se développe. Parfois, ça semble mettre un temps fou à se développer. Un peu comme si j’étais dans un cocon, et que je n’arrivais pas bien à sentir ce qui se passe à l’intérieur. Ce cocon qui me coupe apparemment de l’extérieur, ce cocon dans lequel tout change, tout se transforme, discrètement, en silence. Ce cocon qui se détruira pour me laisser naître, renaître à moi-même et à la vie. Pour enfin m’ouvrir.

Le vrai courage est là : dire au revoir, dire merci, pour mieux faire de la place, et accueillir ce qui m’est véritablement destiné. Le vide appelle le plein. Laissons-nous remplir de ce vide, de cet espace mystérieux qui a tant de sagesse à nous donner.

Pour écouter mon épisode de podcast sur mon burnout et le Coronavirus : sur Anchor ou sur Spotify.

Laisser un commentaire