Sans filet… mais suspendue

Newsletter du 10 février 2021

En ce moment, je suis dans une situation assez inconfortable. D’un côté, j’ai la sensation que quelque chose doit changer, bouger, que je dois physiquement habiter un nouvel espace. De l’autre, je suis dans la confusion la plus totale quant à l’endroit qui accueillera au mieux la prochaine version de moi-même.

C’est amusant comme l’aspiration à “me poser quelque part“ me pousse finalement à rester nomade dans ma tête. Tout chez-moi est provisoire, éphémère. Que cela dure cinq jours, un mois, ou un an, je suis profondément connectée à cette réalité : cela s’arrêtera un jour. 

Cette posture, c’est celle du pendu : connecté au grand Tout, il n’a plus peur d’attendre son tour. Il ne se précipite pas sur la prochaine opportunité qui lui donnerait la sensation factice d’”avancer”. Non, au lieu de ça, il reste là, réceptif. Il se fait balancer par la corde qui l’attache par le pied. Il croise une jambe sur l’autre, comme un danseur qui prendrait la pose. Ses mains sont derrière son dos, car il n’a pas besoin de chercher à faire, à créer. Il a juste à rester là, curieux et observateur, sans aucune attente, si ce n’est celle d’être cueilli au bon moment, quand il sera mûr pour la prochaine étape de son cheminement.

C’est peut-être cette attitude qui me traverse en ce moment. L’attente. Le non savoir. Le non faire. Le calme de celui qui est incertain et qui l’accepte pleinement. Il laisse passer, comme en méditation, les pensées, les émotions, la peur, l’angoisse… Et revient allègrement à l’instant présent, qui, lui, est infini. Peu importe, finalement, s’il reste attaché jusqu’à la fin. Il sait que toute expérience est éphémère. Il voit aussi notre tendance à nous accrocher à ce qui nous plaît, à vouloir faire durer les choses qui nous sont agréables. Mais il a compris que, quelle que soit sa situation extérieure, s’il est là, présent, il n’a rien besoin de faire pour être heureux, pour être lui-même.

Il sait que la prochaine phase se manifestera, non pas parce qu’il se sera forcé à quitter l’attente, mais parce que quelque chose l’y poussera naturellement : une proposition qui sonne juste, une idée, une intuition. Cela se fera alors sans effort.

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