Le courage de dire non

Newsletter du 27 janvier 2021

En l’espace d’une semaine, j’ai eu plein d’occasions de dire non.

Dire non, pour choisir. Comme on dit souvent, “choisir, c’est renoncer”. 

Choisir une voie, c’est accepter de lancer les dés et d’obtenir une seule combinaison. 

Dire non, ça donne l’impression de fermer une porte, de potentiellement manquer une opportunité, et surtout… de perdre la relation.

Quand je dis non à quelqu’un, et surtout à quelqu’un que j’apprécie, j’ai toujours peur d’un “retour de bâton” : que l’autre soit déçu.e, vexé.e, qu’il/elle m’en veuille, s’éloigne de moi… 

Globalement, j’ai peur que le non ne soit pas compris. 

Quand le non n’est pas compris, souvent cela me montre que la personne est attachée à une certaine image qu’elle s’est faite de moi. 

Et ça me révèle que je ne suis pas pleinement aimée comme je voudrais l’être, par toutes ces personnes qui prétendent m’aimer.

Et ça fait mal.

Voilà pourquoi il m’est si difficile de dire non.

Pas parce que je veux “jouer la gentille”, mais parce que je me refuse souvent de voir que la plupart des gens n’ont pas compris qui je suis, et s’en foutent. 

Parce que ça me fait trop de peine de prendre conscience que nombre d’entre eux se trompent en projetant sur moi une sorte de personnage idéalisé et fantasque.

Souvent, quand nous croyons aimer quelqu’un, en réalité nous aimons l’image que nous avons de lui, parce que cette image nous renvoie à une partie de nous qui est souvent ignorée. 

Mais peut-être que cette image n’est qu’une minuscule, infime facette de la personne en question. Sans doute ne peut-elle embrasser la complexité de cet être que nous disons aimer.

Alors, quand je dis non, je fais un pied de nez à ce paradigme.

Je surprends, je sors l’autre de sa transe.

Je lui montre un autre aspect de moi, qu’il percevra peut-être comme une faille.

Je lui révèle ce que je lui avais sans doute caché jusque-là : je suis un être humain, j’ai des limites, je fais des erreurs, je change d’avis, j’oscille entre mes ressentis et mon mental.

Et Dieu ! Le cadeau que je me fais en disant non, en me réappropriant mon humanité. 

Et Dieu ! Le cadeau que je lui fais, en lui donnant accès à d’autres aspects de la réalité, en lui laissant entrevoir la possibilité d’un lien honnête et sincère, sans artifices, en lui offrant l’espoir d’une vulnérabilité partagée, et en lui donnant la permission, à lui aussi, d’être humain et complexe.

Non, je ne me systématiserai pas pour simplifier la vie (et l’avis) des autres.

Non, je ne rentrerai dans aucune case pour rassurer les cerveaux de mon entourage.

Non, je ne me forcerai pas à accepter autre chose que ce que je désire vraiment, profondément.

Non, je ne me laisserai pas aller à la lâcheté ni à la complaisance.

Oui, chaque jour, j’affirmerai un peu plus ma singularité et ma grandeur.

Oui, chaque jour, je laisserai briller un peu plus mes couleurs.

Oui, chaque jour, je cultiverai l’écoute fine de mes aspirations profondes.

Oui, chaque jour, je choisirai le courage.

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