Tu tires ou tu pointes?

A la pétanque, il y a deux manières principales de jouer, pour tenter de se rapprocher du cochonnet. Soit tu tires, soit tu pointes. Si tu tires, tu t’appliques à éloigner la boule de ton adversaire, en la dégageant avec la tienne. Si tu pointes, tu vas simplement essayer de rapprocher ta propre boule du cochonnet, sans chercher à changer la position des autres boules.

Parfois, dans la vie, on peut avoir cette impression que quelqu’un d’autre, parce qu’il est plus proche que nous de son objectif, nous fait de l’ombre, et nous empêche de réussir. C’est l’état d’esprit du tireur : il est temps de prendre la place de celui qui est bien trop heureux pour partager.

Et puis, d’autres fois, on se concentre sur ce qui nous fait du bien, sur nos rêves, nos objectifs, sans s’inquiéter de ce que font les autres. S’ils sont heureux, c’est bien, et ça ne nous rend pas forcément la tâche plus difficile. Au contraire, ils nous inspirent, nous tirent vers le haut. C’est l’état d’esprit du pointeur. Créer, plutôt que détruire.

Dans les relations amoureuses, j’ai beaucoup ressenti ce malaise, cette tendance à se comparer à l’autre en termes de réussite. Je me suis comparée à mes partenaires, soit parce que j’admirais leur détermination, soit parce que je tentais de ne pas trop “briller” afin de ne pas leur faire de l’ombre. Je me suis comparée à d’autres femmes, en me demandant si je “faisais le poids” par rapport à elles, que ce soit sur l’apparence, les qualités humaines, et plus tard, même sur le degré “d’éveil spirituel”.

Ce qui en est ressorti, c’est une peur d’exister. Une peur d’exprimer qui je suis, parce que je risquerais d’être rejetée, parce que je risquerais d’éclipser quelqu’un d’autre et de perdre des relations qui sont chères à mon cœur. Une peur de me rendre compte que certaines relations ne reposent pas sur de l’authenticité mais sur des habitudes confortables, sur des comportements policés qui limitent la portée des interactions.

Aujourd’hui, je veux créer. Je ne veux plus me concentrer sur la répétition de schémas qui se fait malgré moi, ces schémas qui semblent toujours faire une apparition maligne au moment où je m’investis dans une nouvelle relation. Certes, je peux les accepter, les observer, mais je ne veux pas leur donner trop d’importance. Pourquoi ? Parce que je suis trop occupée à créer quelque chose de nouveau, à le faire émerger de moi, pour passer mon temps à tenter de détruire l’ancien. Le processus de digestion et d’intégration des événements passés, se fait de toutes façons, quand je m’écoute, et que je passe suffisamment de temps en silence et en contemplation. Laisser du vide, pour que ça se fasse, et arrêter de “forcer” le changement.

Et toi alors, tu tires ou tu pointes ?
 

Laisser un commentaire