Voyage dans le temps

Newsletter du 16 décembre 2020

(Un podcast a été enregistré le même jour, sur ce même thème. Si tu aimes entendre ma voix, il dure 20 minutes et est accessible ici.)

Voilà quatre jours que je suis à Paris. Ca me semble irréel, presque comme un rêve, quelque chose d’évanescent. Il y a une impression étrange qui m’envahit depuis que je suis descendue du train à treize heures samedi : un mélange de flottement et de rapidité, d’intensité et d’absence. Je suis, par moments, totalement observatrice de ce que je vis dans cette ville. Et par moments, dans une fusion totale. Une fusion qui ne sait pas trop ce qu’elle veut dire. Une fusion avec l’instant présent, qui semble si fugace, surtout dans un contexte extérieur si unique et particulier, entre confinement et couvre-feu, entre courses de Noël et masques. Une fusion avec le passé, aussi, quand la nostalgie s’invite au détour d’une rue. 

Oui, le passé. Au début, retrouver mon appart, que j’avais un peu “laissé en plan” à mon départ en octobre, était une forme de soulagement. Après six heures de train, après avoir crapahuté dans la ville avec ma mère, après avoir passé quelques heures à discuter avec des inconnus à l’expo de tableaux de mon père… enfin seule. Enfin retrouver un cocon, un lieu calme et accueillant, dont je connais apparemment l’univers. Mais rapidement, j’ai aussi retrouvé le côté étouffant de cet environnement de la “moi du passé”. Tous ces objets qui ne me servent plus, ce quotidien “d’avant” qui n’a aujourd’hui plus aucun sens. Déambuler dans vingt-cinq mètres carrés. L’omniprésence des immeubles qui se succèdent et se serrent les uns les autres. La sensation d’être enfermée, et de chercher tant bien que mal à trouver de la beauté dans des micro-moments, alors que tout est finalement plutôt sombre et encombré.

C’est comme faire un voyage dans le temps. Un voyage étrange, tantôt reconnaissable, tantôt inconfortable. Comme si je faisais un retour sur ce qui n’allait pas avant mon départ : la confusion, les doutes, toutes les influences extérieures, l’incapacité de choisir.

Finalement, aujourd’hui, les questionnements sont toujours là. Mais dans mon nouvel environnement, plus calme, où le temps s’étire, j’ai l’espace pour les regarder. Je les observe avec curiosité, plutôt que désespoir. Je sens en moi la confiance de les dépasser, de ne pas me laisser impressionner par leur complexité. Je vois le potentiel qui se cache derrière mes ombres.

Aussi, paradoxalement, la vulnérabilité de “ne pas savoir” — où je vais vivre durablement, la forme que va prendre ma “carrière”, quelles sont les relations qui vont perdurer — a quelque chose de doux et d’authentique. A côté, le côté certain et sécurisant que m’offraient Paris et son environnement familier, me paraît lourd et inutile. 

Encombrant, oui, c’est le mot. Quelque chose qui obstrue, qui ne laisse pas passer la lumière.

Et je peux te dire qu’en ce moment, la lumière a besoin de passer.

Mon cœur s’ouvre, et je ne peux plus nier ce qui a besoin d’en sortir.

PS:
Parmi les choses que j’ai envie de donner au monde, il y a un livre (plusieurs, en fait, mais chaque chose en son temps). Je suis en train de l’écrire.

Vous êtes déjà plusieurs à me soutenir dans mon processus créatif, en ayant précommandé le livre. Merci, ça m’encourage tellement, tu ne sais pas à quel point ❤️

Ce premier opus sera apparemment un recueil d’essais, nouvelles et poèmes, sur le thème de l’Amour. 
Pour en savoir (un peu) plus sur ce projet, tu peux lire le texte de la précédente newsletter ici
, et tu peux aussi écouter le dernier épisode du poscast Minute par Minute.

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