Ô temps, suspends ton vol…

Newsletter du 24 novembre 2020

Voilà. Aujourd’hui, ça fait un mois que je suis arrivée ici. 

Un mois. C’est passé si vite, et si lentement à la fois.

Tu sais, comme le temps est malléable, comme il s’étire et s’accélère parfois ?

Au début, c’était lent. Je devais changer de rythme, ralentir, m’adapter à cette vie plus silencieuse, solitaire. Les opportunités semblaient moins nombreuses, ou cachées.

Me confiner ici, c’était “prévu”, en quelque sorte. Je ne voulais pas d’un deuxième confinement parisien. Je préférais être seule dans un coin paumé, auprès des vallées et des montagnes, que seule parmi une foule de gens masqués qui font la queue à la boucherie.

Apparemment, j’ai plus de temps. Je suis moins sollicitée, je sors peu, je passe du temps à écrire, lire, faire de la musique, je médite au jardin, je regarde les oiseaux. Je me concentre sur ma carrière.

Apparemment, j’ai plus de temps. Et ça me fait du bien. Mais pour une fois, je cesse de chercher à le remplir constamment.

Apparemment, j’ai plus de temps. Mais, en fait, j’ai moins de temps pour les choses non importantes. C’est-à-dire que j’apprends à poser des limites, à dire non à des propositions, à faire le deuil de certaines relations qui, bien que confortables, ne m’apportaient plus rien.

Ce temps long m’a donné l’occasion de sentir. De me reconnecter à moi-même. Et de sentir l’amour infini que je peux me donner. De découvrir que non, l’amour que je reçois ne dépend pas du nombre de personnes que je fréquente. De voir que non, je n’ai pas “besoin” de rester en lien avec toutes les personnes qui ont jalonné ma vie ces dernières années. J’ai le droit de choisir, en conscience, à qui j’offre mon précieux temps, avec qui je partage mon énergie.

Je suis quelqu’un d’ambitieux, vois-tu. J’ai de grands projets. Je ne veux pas juste impacter quelques ami.e.s. Je veux toucher beaucoup de personnes. Je le sens, que c’est ce qui doit se passer. 

Et pour accomplir ces rêves, je dois y travailler chaque jour. Cela me prend du temps, cela me demande de la concentration, d’être pleinement présente pour mes rêves. Pas juste pour les visualiser, mais aussi pour mettre en place des actions concrètes qui m’y amènent doucement.

Je ne peux pas me permettre d’être constamment interrompue par des interactions qui ne me nourrissent plus, qui ne m’apportent plus rien. 

Je ne peux pas me permettre de dire oui à quelqu’un, qui annule notre rendez-vous à la dernière minute. 

Je ne peux pas me permettre de me trahir moi-même.

Car me trahir moi, c’est trahir tout le reste.

C’est mentir à la vie, c’est abandonner ma raison d’être.

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