Plaisir solitaire

Newsletter du 12 octobre 2020

Beaucoup de gens fuient la solitude. Dès le réveil, ils essaient d’échapper à ce tête-à-tête avec eux-mêmes : ces pensées qui tournent en boucle dans leur esprit, les inquiétudes qui s’accumulent, toutes ces choses à faire… 

Moi aussi, pendant longtemps, j’ai suivi cette logique. Faire le maximum de choses, être toujours occupée, être toujours disponible aux autres… était un moyen de m’oublier, d’oublier mes peurs, mes angoisses, mes démons intérieurs.

Je cherchais, inlassablement, à obtenir de l’attention extérieure, pour me prouver à moi-même que je méritais d’être aimée.

Je cherchais à donner aux autres, dans l’espoir qu’ils me donnent en retour, qu’ils m’apprécient et me fassent confiance.

Je voulais être accompagnée. Être seule, c’était « la honte ».

Certaines épreuves de la vie, comme des séparations, ou des maladies, m’ont amenée à la solitude : malgré le soutien de mes proches, il ne pouvaient pas comprendre exactement ce que je vivais à cet instant précis. La seule à pouvoir être pleinement présente avec la douleur, c’était moi.

Aujourd’hui, la solitude m’est indispensable. Comme une bouffée d’oxygène. Il m’est difficile d’entrer en lien avec l’autre dès le matin, de lui faire « de la place », alors que je n’ai pas encore établi le contact avec moi-même. 

Etablir ce contact, c’est quoi ? 

C’est prendre le temps, ralentir pour écouter ce qu’il se passe en moi : pensées, émotions, sensations physiques. C’est observer ma respiration qui va et vient, et l’accepter telle qu’elle est, ce jour-là. 

C’est mettre en lien ma conscience et mon inconscient, plutôt que d’agir en mode automatique. C’est choisir, à chaque instant, quelle action est la plus juste à mener pour m’aimer et me respecter.

C’est autoriser le silence. Le savourer, même. 

C’est observer la nature, et me laisser faire partie de son harmonie, sans chercher à la dominer ni à la changer. 

C’est me connecter à plus grand que moi, tout en prenant acte de l’existence de ce corps physique.

Pourquoi fuit-on, alors ?

Parce que nous avons peur d’être submergés.
Parce que nous ne nous aimons pas.
Parce que nous croyons que la solitude, c’est le vide.

Mais vois-tu, le vide se remplit toujours.

Alors en vrai, nous avons surtout peur de découvrir des choses nouvelles, qui dérangeront nos croyances et nos visions du monde. 
Nous avons peur de rencontrer notre puissance intérieure, et de ne savoir qu’en faire. 
Nous avons peur de bousculer notre vie, que notre quotidien soit ébranlé par les révélations que la solitude nous imposerait.

Et je comprends, car moi-même j’ai été bloquée, à plusieurs reprises, dans ces peurs.
Car j’ai attendu d’être totalement épuisée, avant d’écouter la voix intérieure bienfaisante qui voulait me guider.
Car j’ai attendu la détresse émotionnelle, avant de me laisser ressentir la nécessité de changer d’environnement.

La vérité, c’est que nous ne sommes pas seuls.

Alors, tu veux bien essayer ? 

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