Oser demander

Newsletter du 5 octobre 2020

Oser demander.

Malgré la peur du rejet.
Malgré la peur du “non”.
Malgré la peur d’être soudainement abandonnée.

Oser dire ce que l’on veut.
Oser parler, oser communiquer.

Et se prendre des claques, parfois.

Des “je ne vais rien changer pour toi”.
Des “débrouille-toi”.
Des “je ne peux pas t’aider”.
Des “je n’ai pas le choix”.

Prendre la responsabilité de ses désirs, et oser les formuler.

Et s’entendre dire :
“tu veux tout”
“tu exagères un peu, quand même”
“tu es égoïste”
 

Parce que dans cette culture, assumer son désir, assumer son envie de vivre mieux, d’être plus soi-même, ça dérange. 

Ca dérange parce qu’on est habitué à ne pas le faire, pour se faire bien voir, pour passer pour une “bonne personne”, pour se faire apprécier des autres. 

Ca dérange de voir quelqu’un y croire, à son potentiel, et y aller, malgré la peur, malgré le “danger”.

Ces voix, ces accusations, elles sont aussi dans ma tête, parfois. Je me dis que j’en demande trop. Je me dis que ce serait un miracle qu’on me dise “oui”. Je me dis que ceux qui me disent oui, c’est parce qu’ils ont peur de moi, ou pitié de moi, ou parce qu’ils veulent faire bonne figure – mais qu’au fond ça les fait chier de rendre service. 

Ces voix me disent aussi que le monde est hostile, que les gens sont méfiants et qu’ils jugent en permanence. Ces voix me disent que je suis idéaliste, que je n’irai nulle part en rêvant, et qu’il faut que j’apprenne à prendre la vie comme elle est : dure.

Oser demander, c’est faire un bras d’honneur à toutes ces croyances qui m’empêchent d’avancer et d’écouter les messages de mon âme.

Oser demander, c’est défier le destin, prouver que la vie a autre chose à offrir que de la déception et de la maladresse. 

Oser demander, c’est dire “je suis humaine, et toi aussi”, c’est faire cas de notre interdépendance et de la beauté d’un partage simple, d’une vie qui veut s’offrir et se goûter.

Oser demander, c’est juste exister, et l’assumer. 

Un petit goût de nudité, de vulnérabilité, non ? 

Une petite amertume, un petit coeur serré, quand la réponse est “non”.
Une joie immense et démesurée quand le “oui” se profile, même s’il ne promet rien.

Un “oui” de l’instant présent, insouciant et fragile, certes, mais bel et bien là. Un “oui” timide, peut-être, mais pas moins sincère pour autant. Un “oui” subtil et profond, un “oui” qui vient du coeur, lui aussi, qui a su reconnaître l’autre, et répondre au message, en ouvrant une porte, aussi petite soit-elle.

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