Sans réfléchir

Newsletter du 23 septembre 2020

Parler de ma folie
Parler du fait qu’on va tous cramer
Parler du fait que tout était prévu, à l’avance, par moi et par tout le monde

Oui ça fait un an, et j’avais dit un an. Un an tout pile, donc aucune chance de m’engager avec quelqu’un avant ce départ.

Une transition, une guérison, Paris, je sais pas si t’étais bien choisie. En tout cas, t’as été la première étape. Les bras de ma mère, le réconfort de cette petite terrasse avec jardin, cachée au fond d’une cour du quatorzième, la douceur de la solitude et des matins ensoleillés, la beauté de la lune qui éclairait mon oreiller. Le frigo à moi toute seule, la douche simple et efficace, la cuisine trop étroite, le canapé-lit-double toujours déplié. La guitare. Le bordel. Des petites plantes grasses qui se battent en duel. Des micros, certains cassés. De la sauge. Et encore du bordel. Des rouges à lèvres, des cristaux magiques. Du bois, du bois, du parquet, des ciseaux, et du sang, un peu, éparpillé sur des mouchoirs. Des larmes versées et des pages encrées. Quatre-cinq carnets de plus, à aligner sur ma bibliothèque encore un peu vide. Un sèche cheveux. Du calme, et puis des bruits de travaux. Des hésitations, moi à genoux, ou accroupie devant ma table basse. Des silences et des conversations intérieures. Les barreaux d’une cage invisible, dont je cherche l’énigme. Des papiers, des manuels, des tentatives de comprendre, de mieux voir, de contrôler. Et puis des abandons. Des danses déchaînées, incontrôlables même. Des douleurs inexplicables, des papiers qui s’enfuient, des chants brisés, quand ma voix se défile, une gorge épuisée, au sol de nombreux fils, les câbles de mon coeur qui s’emmêlent et s’amusent à créer sur le sol des ombres et des muses. Des formes biscornues, presque monstrueuses. 

La vie. Un espace de vie, intime et transitoire. 

Destiné à créer, et non à recevoir.

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