Rappelle-moi de ne pas oublier

Newsletter du 5 août 2020

“Rappelle-moi de ne pas oublier.” C’est ce que j’ai dit, ce soir, à mon amie A., une fois arrivées en Auvergne, une des étapes avant de rentrer à Paris. 

Ce que j’ai vécu, intensément, pendant mon court séjour en Ariège, c’est une sensation de retour à la maison : pouvoir être simplement présente, et satisfaite de ce que l’instant a à m’offrir ; être en confiance, émerveillée devant l’abondance et la générosité de la vie. Ce ne sont pas des “habitudes”, mais plutôt une sorte de grâce ; celle d’être en harmonie avec ma nature originelle : le calme, la détente, la joie simple et enfantine. Quelque chose de spontané, sincère et profondément vivant. 

Un être qui ne se retient pas de s’exprimer, de chanter, de danser. Un être qui aime et remercie son corps, au lieu d’en avoir honte, de le mépriser et de le maltraiter.

Un être qui ose regarder dans les yeux, un être qui apprécie la solitude ressourçante sous un arbre, à écouter le chant des oiseaux.

Un être qui rit à gorge déployée, qui baille pleinement sans mettre la main devant la bouche. 

Un être qui se célèbre, qui célèbre l’autre, qui célèbre la vie avec joie, sans pudeur ni tabou.

Un être de plaisir.

Donc non, je ne veux pas oublier. Je ne veux pas plonger mon nez dans le guidon aussitôt que j’aurai retrouvé la ville, et avec, l’intensité des contrastes, des distractions, sollicitations et influences extérieures qui ne m’apportent plus rien de soutenant. Je ne veux pas retomber dans ces habitudes qui me fatiguent : travailler trop, dormir trop peu, enchaîner les activités sans temps d’intégration… 

Je veux garder en moi cette qualité de présence. 

Je veux cultiver cet être précieux qui vibre dans mon coeur, lui faire plus de place. 

Je veux faire du lien à la nature une priorité.

Je veux faire de ma vie sauvage, un véritable projet, quelque chose qui tient la route et soutient mes ambitions professionnelles.

Vu toute l’inspiration que m’a offert ce temps ressourçant (pas moins de vingt-sept textes et une dizaine de poèmes), ça promet, non ?

Paris me draine, me challenge. A bien des niveaux. Parfois, c’est trop. Paris est magique, sauvage par certains aspects, mais globalement elle me sature, et gérer sa tempête me prend tant d’énergie ! Frustrant, non ? Quand on aime donner… 

“Rappelle-moi de ne pas oublier. Je veux revoir ces images, qui sont réelles, ressentir la beauté de ces moments. Je veux avoir le courage d’y croire, de laisser le désir croître en moi, de faire les premiers pas sur la suite du chemin enchanté vers ce pays, vers cette terre qui sait si bien m’accueillir, me bercer, me guérir. Cette terre intense et rare, qui me bouscule un peu, m’apaise surtout, me connecte à ma puissance subtile et, surtout, à l’Amour.”

Voilà la demande que je fais au divin en moi, à cet espace qui sait, qui connaît la vérité de mon coeur et de mon âme.

“Ramène-moi. Ramène-moi encore et encore à cet infini, à cet essentiel, au bonheur juste là. Fais-moi goûter, de plus en plus fort, à l’étendue de mon être. Fais-moi oser les pas qui semblent encore inconnus, incertains, pour ouvrir la porte de ma magie.”

Ecrit le 27 juillet 2020

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