Super-pouvoir

Newsletter du 17 juin 2020

Quand je souffre, je suis souvent tentée de fermer mon coeur.

La vérité, c’est que je ne peux pas toujours garder mon coeur ouvert. A certains moments, c’est nécessaire de couper certains liens, de dire non, de faire silence. A chaque rupture amoureuse, j’ai été dans cette hésitation : est-ce qu’on reste amis ? Comment me protéger, sans tomber dans la rancune ? Comment rester ouverte, sans pour autant retomber dans une relation qui ne me convient pas ?

En ce moment, je vis des remous émotionnels. C’est cyclique, ça va et ça vient. Ça m’amène à des frictions avec mon entourage proche et moins proche. Mon coeur se serre, avec l’impression de « revivre » quelque chose, des schémas relationnels qui reviennent, des comportements automatiques que je reproduis… 

Parfois, je joue la sauveuse : je veux tellement du bien à l’autre que je voudrais qu’il change. Parfois, je me crois victime : pas assez d’attention, pas assez d’amour… et là j’ai envie de descendre sous terre, en sécurité, pour me retrouver seule et sans attentes. Parfois, je me désespère et je fais des reproches : l’autre est trop plein de défauts, et ça me dérange, car ça me rappelle mes propres ombres.

Es-tu déjà rentré.e dans ce genre de schémas relationnels ? Ils sont le point de départ de ce qu’on appelle les jeux de pouvoir. J’ai vraiment envie de faire une vidéo à ce sujet, sans savoir quelle forme exacte cela va prendre… 

En tout cas, ces jeux-là, on y joue tous un peu, à un moment ou à un autre. Dès qu’on se dit qu’on a raison, que l’autre a tort. Dès qu’on l’accuse, qu’on ne prend pas sa part de responsabilité. En se coupant de l’autre, on oublie que la relation la plus belle, c’est de coeur à coeur.

Ce que j’essaie de faire, depuis quelques mois, et encore plus depuis mes révélations du confinement, c’est d’ouvrir mon coeur. De le laisser à vif, le buste digne, prêt à ressentir pleinement et intensément. Cela demande du courage (d’ailleurs, étymologiquement, le mot courage vient du mot coeur), et de la confiance. Confiance qu’un coeur brisé ne tue pas, qu’une émotion ne tue pas. Et qu’un coeur brisé est souvent, ensuite, un coeur qui s’ouvre. Qu’un coeur sensible est d’autant plus capable de ressentir la compassion, une fois qu’il a accueilli sa propre souffrance. Qu’un coeur ouvert et vulnérable est plus utile au monde qu’un coeur fermé et dur comme de la pierre. 

 Au final, même quand j’ai le coeur fermé, je souffre. Mais je ne le vois pas. Et si je ne le vois pas, je ne peux ni l’accueillir, ni le transformer.

Le super-pouvoir du coeur ouvert, c’est de mettre de la conscience et de l’amour sur les difficultés de la vie, pour pouvoir par la suite choisir l’action juste, le petit pas qui fera la différence.

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