Quand mon coeur se brise…

Newsletter du 27 mai 2020

Cette semaine a été riche. Si riche, que je t’écris ce texte mercredi à 17h22. C’est dingue ça, non ? Comme les choses changent. Cette semaine j’ai exploré la vulnérabilité : celle de faire des choix. Celle de m’exposer, de proposer, de dire oui, de dire non. Oui, parce que mon grand truc, pendant longtemps, c’était cette identité de “multipotentielle” qui me permettait de justifier le fait que je ne donne pas d’intention claire à mes activités professionnelles.

Alors oui, ça s’est précisé, puisque je me suis lancée à fond dans le coaching, et que je me forme très activement en ce moment. Du coup, c’est super, j’ai l’occasion d’expérimenter, de faire des erreurs aussi, et j’apprends. Ca s’est précisé aussi, parce que je choisis un angle particulier pour aborder la connaissance de soi : l’Amour (à travers les relations).

En m’exposant, en me montrant, en rendant mon travail plus spécifique, je m’expose forcément à la critique, je m’expose à mon propre jugement sur moi-même, aussi. D’ailleurs, j’ai remarqué qu’une critique me touche seulement quand je me reproche quelque chose. Et que quand je juge l’autre, c’est souvent qu’il me rappelle un aspect de moi-même que je n’aime pas.

En anglais, on appelle ce type d’exploration le shadow work, travail sur les ombres. Il s’agit d’intégrer toutes les parts de soi, même celles qui ont été très vite cataloguées comme “mauvaises” et “honteuses” et qu’on a décidé de cacher pour s’assurer que les autres nous aiment.

Amour conditionné, donc, à la perfection de nos comportements, à la vertu de nos pensées, etc, etc.

Pourtant, nous avons tous en nous l’entièreté de l’humanité : la générosité, la peur de manquer, la folie, la sagesse, le partage, la compassion, la jalousie, la confiance, la méfiance, la perversion, la douceur, la manipulation, l’entraide, le courage, la lâcheté… et j’en passe.

En tout cas, pour parler de mon expérience, je peux te dire que j’ai déjà ressenti chacune de ces parts de moi. Il y en a que j’ai voulu évincer pendant longtemps. L’arrogance, notamment, qui est une forme exagérée d’affirmation de soi (finalement, ce qu’on présente comme un défaut est souvent une caricature un peu trop poussée de quelque chose qui peut aussi être une qualité) : je la jugeais terriblement chez les autres, comme si c’était la pire chose au monde, cela me dégoûtait profondément. Progressivement, je me suis rendue compte que je ne m’autorisais pas à la ressentir, et que je culpabilisais quand je me sentais “particulièrement intéressante”, ou “au-dessus des autres”. Alors qu’en fait, ce n’est qu’une part de moi. Cela ne me définit pas en tant que personne, c’est un état

Dans les moments où je me sens jugée par l’autre, où je me sens mal à l’aise face à son regard, j’essaie de ne pas me fermer. Avant, je me serais simplement dit “je ne vais pas m’intéresser à cette critique, je suis au-dessus de tout ça”. Mais maintenant, je choisis de ressentir pleinement la peine que cela crée chez moi. 

Parce que quand mon coeur se brise, et que je lui en donne la permission, c’est seulement là qu’il peut s’ouvrir.

Et c’est au moment où je m’accueille dans ma tristesse, que la possibilité de comprendre l’autre apparaît. Mon coeur rempli de compassion envers ma propre vulnérabilité, me pousse inévitablement à voir combien l’autre est en moi, combien je suis en l’autre. 

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