Le reste suivra

Newsletter du 25 mars 2020

25 mars. Il y a un an déjà, apparaissaient les premiers signes d’un burnout – d’abord déguisé en douleurs physiques, en fatigue chronique. Aujourd’hui encore, il m’est difficile d’en déterminer les causes. Aussi, je ne sais toujours pas quoi répondre aux personnes qui me disent « alors, tu es guérie ? », puisque je ne crois plus à cette dualité sain-malade. Pour moi, c’est plutôt un continuum sur lequel je suis toujours susceptible de me déplacer.

A l’époque, il est clair que mon système immunitaire était affaibli : suite à mon retour en France, à une rupture douloureuse et à ma « fuite » vers un nouveau projet en Espagne, j’étais complètement perdue.

Et c’est drôle, parce qu’en ce moment certaines de ces sensations reviennent. L’incertitude. La solitude. L’absence de clarté sur ce à quoi la vie va ressembler dans les prochaines semaines, mois, années.

Le ras-le-bol aussi. De parfois être trop disponible pour les autres, au détriment de mon corps qui me dit stop. Ah, comme j’ai du mal à l’écouter, ce corps. J’aime tellement créer, être utile, être en relation, que je le mets souvent comme entre parenthèse. J’entends ses signaux, oui, mais ils ne sont pas assez « fun » pour moi. Je remets à plus tard les soins et l’attention qu’il me demande. Comme s’il passait au second plan, alors que son soutien m’est indispensable.

Donc, je revis tout cela, en contexte de confinement, qui pour certains est une mise au repos, que j’aime bien voir comme la suite d’un burnout collectif.

Je revis tout cela, et bien que je me dise que c’est OK de se reposer comme tout le monde, une culpabilité me rattrape. Celle de l’entrepreneur qui veut continuer le travail, qui veut profiter de l’opportunité : on a du temps, on a moins de sollicitations (en apparence), on va pouvoir produire encore plus, on va pouvoir être efficace. Je sais aussi que je ne suis pas la seule à ressentir cela. Certains reçoivent peut-être cette injonction de leur hiérarchie – pensée pour tous les télé-travailleurs qui, dans certains secteurs, se retrouvent à travailler encore plus et à en perdre leur vie privée.

Pour moi, c’est l’occasion de conscientiser ma relation avec mon boss intérieur. Oui, puisque je suis ma propre boss… Il y a une part de moi qui me donne des instructions sur les choses à faire, sur la stratégie, etc. Et parfois, je n’ai pas envie d’obéir, pas envie d’écouter. Aussi parce que ce boss n’a pas toujours les bonnes stratégies pour me motiver : il est souvent critique, et ne voit pas toujours tout le travail accompli. Il veut toujours plus, toujours mieux ; qu’est-ce qu’il est exigeant ! Et puis, je ne sens pas trop sa reconnaissance : quand est-ce qu’il me fait des compliments, une évaluation favorable ? Quand est-ce qu’il me donne une promotion, un meilleur salaire ? 

Je me rends compte, encore une fois, que ce qui me bloque, me stresse, me crée de l’anxiété, ce sont les conversations à l’intérieur de moi – ou parfois, le manque de communication, l’indifférence de ce boss. Et ce que je vis ensuite à l’extérieur, n’en est que la répétition, que je permets parce que c’est mon habitude.

Changer mes habitudes relationnelles à l’extérieur de moi – apprendre à dire non, poser mes limites, exprimer et recevoir la gratitude – ne peut se faire durablement si je ne prends pas en compte ces conversations intérieures.

Sois toi-même,

Le reste suivra.

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